Édito : La crise sécuritaire nous suffit !

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L’existence de notre pays, le Mali, est menacée par la crise sécuritaire depuis des années. Aujourd’hui, le nord et le centre sont presque invivables. Les Maliens, civils comme militaires, sont morts en longueur de journée, du barbarisme des obscurantistes. Cette insécurité a paralysé l’économie des localités de ces régions en particulier, et celle du Mali en général ; elle a accentué le chômage et a conduit à la fermeture de centaines d’écoles.

Pendant que nous avons du mal à trouver des solutions définitives à cette crise sécuritaire qui endeuille des familles en longueur de journée, une autre crise, cette fois-ci, scolaire, est à notre porte. Oui, le risque d’une année scolaire perturbée est grand si le gouvernement ne prend pas toutes les dispositions ! 

Notre gouvernement, spécialiste en signature des accords, mais dernier quant à leur application, risque de créer des mouvements de grèves des enseignants au cours même de cette année scolaire. Toutes les prémices sont là. 

En effet, après des mois de grèves des enseignants, l’année scolaire dernière a été sauvée suite à la signature d’un accord de conciliation entre le gouvernement et les syndicats de l’Éducation signataires du 15 octobre 2016. Mais le retard dans l’application de certains points de cet accord et la violation de certaines dispositions du statut du personnel enseignant de l’enseignement fondamental, et de l’éducation préscolaire et spéciale, suscite la colère des syndicats enseignants. Le ton des enseignants lors de leur dernier meeting prouve que nous sommes à quelques pas de la crise scolaire. Nombreux étaient ceux qui ont proposé le dépôt d’un préavis de grèves concernant « la violation de la Loi N°2018-007 du 16 janvier 2018 », portant statut du personnel enseignant de l’enseignement fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale. Les enseignants estiment que cette loi a été violée en son article 39 qui stipule : « Toute majoration des rémunérations des fonctionnaires relevant du Statut général s’applique de plein droit au personnel enseignant de l’Enseignement secondaire, de l’Enseignement fondamental et de l’Éducation préscolaire et spéciale ». Le message des enseignants était clair : s’ils ne bénéficient pas de la revalorisation de la grille accordée aux fonctionnaires suite à l’accord signé entre le gouvernement, le CNPM et l’UNTM, la grève n’est pas exclue.

Que deviendra alors l’école malienne si l’année scolaire est perturbée cette année, comme ç’a été le cas l’année dernière ? Une crise scolaire ne fera-t-elle pas monter la tension des élèves et leurs parents contre les gouvernants ? Le Mali ne peut pas supporter une autre crise, en plus de celle sécuritaire, que nous avons du mal à solutionner. Une autre crise, scolaire soit-elle, ne profitera qu’à l’ennemi, à notre avis.

Le gouvernement du Mali doit vite agir, avoir une solution aux problèmes des enseignants pour que les enfants ne passent pas des mois à la maison comme l’année dernière. Les enseignants aussi, à notre avis, doivent alléger leurs réclamations tout en se rappelant que « nous sommes en guerre ». Non, nous n’avons pas besoin d’une autre crise de trop ; la crise sécuritaire nous suffit déjà !

Boureima Guindo

Source : LE PAYS

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