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Anuna de Wever et Kyra Gantois parlant du réchauffement climatique dans Nous sommes le climat : « Nous ressemblons à des patients auxquels on vient de diagnostiquer un cancer du poumon »

Les jeunes s’engagent de plus en plus en faveur du climat avec le souci exprimé de céder aux futures générations une planète saine. C’est tout le sens du livre de Anuna de Wever et Kyra Gantois, Nous sommes le climat.

Forcer la main aux politiques afin qu’ils respectent leurs engagements en matière de réchauffement climatique, tel est l’objectif que se sont fixé moult jeunes à travers le monde. Dans le sillage de Greta Thunberg, deux jeunes bruxellois après plusieurs manifestations en faveur du climat décident de mettre sur le marché leur conviction en la matière.

Paru  au début de ce mois de mai 2019, « Nous sommes le climat » est un essai de deux jeunes Belges, Anuna de Wever et Kyra Gantois. Un ouvrage exceptionnel de 64 pages qui suggère une coopération sereine entre les gouvernants et les citoyens afin de permettre la mise en application des accords convenus entre les autorités lors des sommets sur le climat et obtenir ainsi un changement des comportements. « Ceci est une lettre qui n’exclut personne. Nous nous sommes adressés à tous, car le climat nous concerne tous, sans exception. Cette lettre est destinée aux politiques, à la génération de nos parents et de nos grands-parents, et à notre propre génération. C’est une lettre à tous et nous avons pu la lire », ainsi commence cet ouvrage qui précise : « Si le système dans lequel nous vivons nous empêche de nous préoccuper de la planète, c’est qu’il ne fonctionne pas. Et qu’il nous faut le changer. Nous n’avons qu’une planète, nos destins sont liés. Ce qui est naïf, c’est de ne pas comprendre cela ».

Comme c’est déplorable !

Ce tapuscrit incite à plus de pragmatisme en matière de protection de notre planète.  Un habitat qui fait notre unité. Ce que déplorent ces jeunes écrivains, c’est surtout le refus des politiques de prendre en considération les avertissements des scientifiques depuis des décennies sur les conséquences de nos actes : « Nous ressemblons à des patients auxquels on vient de diagnostiquer un cancer du poumon. Pire. Nous sommes comme des cancéreux qui, malgré les avertissements, refusent encore d’arrêter de fumer. » Ils poursuivent : « Nous avons utilisé la planète comme une carte de crédit. Nous avons dépensé sans compter, oublions que la facture est arrivée en fin de mois. Pendant des années, nous n’avons jamais payé un centime des coûts réels de nos actes et avons continué à faire la fête. »

Compter sur l’avenir

Les auteurs se voient alors idéalistes parce que se projettent dans le futur en espérant pour la Terre un « avenir meilleur » : « Nous sommes convaincus que nous pouvons réussir, que nous devons réussir et que vous, membres du gouvernement, soyez capables. » Pour ce faire, ils attirent l’attention des politiques restés indifférents face à ce sujet depuis près de 60 ans. 

Nous sommes le climat est juste le visage de ce que nous pouvons appeler la « génération climat ».  Une génération qui ne veut plus rester dans l’inactivisme, mais veut marcher près des politiques sous forme de force de pression en les obligeant au respect de leurs engagements afin d’acquérir un changement des mentalités et des comportements de tout un chacun. 

Pourquoi ce livre ?

Ce livre part d’un malaise des Bruxellois. Lors de la  COP24 à Katowice,  les représentants bruxellois n’ont pas pu approuver  les mesures concernant l’efficacité énergétique et l’énergie renouvelée,  deux directives européennes.  À l’image de Greta Thunberg, la jeune lycéenne suédoise qui a séché les cours pour manifester son mécontentement face au réchauffement climatique, ces deux auteurs organisent une manifestation le 10 janvier 2019.

Une initiative qui finit par s’étendre dans tout le pays. Une manifestation qui deviendra par la suite « la marche pour le climat » regroupant 70 000 personnes. Contre les risques d’explication assimilationniste, les auteurs précisent : « Le climat n’est ni de gauche ni de droite. Il est absurde et fatigant de vouloir nous affubler d’une quelconque étiquette politique. Nous militons et formulons les avis de diverses personnes. Nous trouvons important de dialoguer. » Pour mieux convaincre sur cet aspect, ils écrivent : « Quiconque pense que nous sommes contre la politique n’a pas bien compris notre propos. Nous deviendrons vos plus grands partisans à chaque mesure importante que vous proposez en faveur du climat, à chaque grande ambition que vous manifestez, à chaque changement concret que vous engrangerez. »

 Ce qu’il faut

Enfin, ils proposent : « Ces scientifiques réclament depuis longtemps déjà des mesures drastiques et ne cessaient de nous lancer des avertissements. Demandez-leur à eux ce qu’il est impératif de faire de toute urgence et essayez de le mettre en œuvre. » Pour réussir, précisent-ils, le courage est requis. Un courage qui renvoie au fait de se battre afin de laisser aux futures générations une planète meilleure « avec moins de cadres dans le placard », lit-on dans Nous sommes le climat

Publié chez les éditions Stock, cet ouvrage ne peut que nous donner plus d’espoir en matière de lutte contre le réchauffement climatique à travers la prise de conscience des citoyens de tous les dangers auxquels le monde se trouve exposé à cause de ce phénomène.  Nous sommes le climat est le cri de cœur des citoyens du monde entier proposant leur main tendue aux politiques dans cette lutte pour la survie de toute la biodiversité victime des comportements humains. 

Fousseni Togola

Source : LE PAYS

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