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BARKHANE-MINUSMA-TAKUBA-G5 SAHEL : L’Echec au bout du compte

Pendant plus de dix ans le Mali a été une vaste cour de récréation pour des milliers de soldats venus des quatre coins du monde au nom d’une prétendue lutte contre le terrorisme. De la Minusma à Barkhane en passant par Takuba et G5, la France a été la manœuvre pour entretenir l’insécurité au Mali et dans le Sahel, car cette insécurité justifiait sa présence et celle des autres.

Le 1er août 2014, Serval (3.000 éléments) est remplacé par Barkhane, une opération constituée avec 5.100 éléments.

Au commencement de l’opération Barkhane, les effectifs engagés étaient composés de 3 000 militaires, 200 véhicules logistiques, 200 blindés, 4 drones, 6 avions de combat, une dizaine d’avions de transport et une vingtaine d’hélicoptères. En 2018, le ministère de la défense française annonce une première augmentation des effectifs, portant leur nombre à 4 500.

En février 2020, le ministère des armées a ensuite acté une seconde augmentation de 600 soldats, faisant ainsi passer le nombre de soldats affectés à l’opération Barkhane à 5 100.

Au-delà, les troupes françaises de la force Barkhane reçoivent quelques renforts venus d’Europe. Ainsi, en juillet 2018, le Royaume-Uni déploie au Mali 3 hélicoptères CH-47 Chinook et 90 hommes de la Royal Air Force. Puis en août 2018, une cinquantaine de soldats estoniens sont déployés à leur tour à Gao. Fin 2019, le Danemark envoie dans notre pays 70 militaires et 2 hélicoptères Merlin, qui s’établissent également dans la base militaire de Gao. A la même période, le gouvernement estonien renforce sa présence au Mali avec 95 soldats. Début 2020, les gouvernements tchèque et suédois valident l’envoi de respectivement 60 et 150 commandos…

Avec toutes ces armadas déployées au Nord du Mali, ainsi que dans le Sahel et après constat de l’échec à endiguer la menace djihadiste, les Autorités maliennes ont demandé le retrait « sans délai » de l’opération Barkhane, en janvier 2022. Mi-août, le dernier soldat de Barkhane quittait le Mali, marquant la fin d’une époque.

La Minusma ? Elle était la plus grande mission de paix déployé par l’ONU dans le monde en terme de moyens et hommes avec un effectif de 13 300 soldat et 2000 policiers mobilisés par 55 pays contributeurs et doté d’une impressionnante armada de guerre (avion, hélicos, engins blindés et drones). Elle était aussi la plus coûteuse de l’ONU sur le plan financier avec (1,2 milliard de dollars par an), elle est « l’opération de paix où les Casques bleus ont payé le plus lourd tribut, avec plus de 200 soldats tués dans l’accomplissement de leur mission », avait déclaré le chef de la mission…

Outre les nombreuses réserves portées par les Autorités maliennes pour adapter les moyens de la mission onusiennes aux réalités du terrain (qui n’ont pas été prises en compte) lors des renouvellements de mandat. S’ajoutera la libre circulation de la Minusma sur le territoire national. A ce sujet, l’Ambassadeur Représentant permanent au Nations-Unies, M. Konfouro a réitéré la « ferme opposition » des autorités de la transition quant à la liberté de mouvement de la Minusma dans l’exécution de son mandat dans le domaine des droits de l’homme…

Finalement, les Autorités maliennes ont demandé son départ. Une demande exprimée par le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Abdoulaye Diop, et qui a été acceptée par le Conseil de sécurité de l’ONU et qui sera effectif le 31 décembre prochain.

Autre force qui opérait au Mali, c’est Takuba. En effet, le 27 mars 2020, les gouvernements de la Belgique (Plusieurs officiers de liaison ), de la République tchèque, du Danemark (70 soldats et 2 hélicoptères), de l’Estonie (95 soldats et leur matériel), de la France (de 3 000 à 5 100 hommes), de l’Allemagne, du Mali, du Niger, des Pays-Bas (Plusieurs officiers de liaison), Portugal (Plusieurs officiers de liaison ) de la Norvège, de la Suède et du Royaume-Uni… avaient publié une déclaration politique exprimant leur soutien à la création d’un groupe de travail intégré au commandement de l’opération (menée par la France au Sahel et au Sahara) et visant à lutter contre les groupes terroristes dans la région du Liptako (une vaste région historique située aux frontières entre le Burkina Faso, le Niger et le Mali)…

Suite aux multiples tensions intervenues (renvoi de l’ambassadeur français au Mali, fermeture des médias français…) entre le Mali et la France, le Président Macron a annoncé le retrait (foré ?) des forces françaises opérant dans les opérations Barkhane et Takuba.

G5 Sahel, une création de la France

Concernant le G5 : le Mali avait annoncé, le dimanche 15 mai 2022, se retirer du G5 Sahel et de sa force militaire anti-djihadiste, formée avec la Mauritanie, le Tchad, le Burkina Faso et le Niger. Huit ans après sa création, l’avenir de cette organisation régionale, lancée pour tenter d’endiguer la menace terroriste qui ne cesse de gagner du terrain au Sahel, semble remise en cause.

Elles (les autorités maliennes) invoquaient une « perte d’autonomie » et « une instrumentalisation » au sein de l’organisation. Les autorités de transition maliennes ont fait parvenir un communiqué le 15 mai 2022 annonçant leur retrait du G5 Sahel.

Ce « machin » vient de connaitre sa fin avec le retrait du Niger et Burkina Faso.

Mohamed Sylla

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