MONDE

Burkina Faso : Le Réseau international Justice pour Sankara souhaite une extradition sans « condition » de Blaise Compaoré

Le procureur de la justice militaire de Ouagadougou a fixé le mardi 17 août dernier date de l’ouverture du procès de l’affaire Thomas Sankara, 34 ans après son assassinat. Une semaine après l’annonce, le Réseau international Justice pour Sankara et ses compagnons, justice pour l’Afrique, a dans un communiqué, demandé une extradition sans « condition » de Blaise, pour qu’il puisse faire face à la justice de son pays.

Trente-quatre ans après la mort de Thomas Sankara, le père de la Révolution burkinabé, le procès de ses présumés assassins s’ouvrira le 11 octobre prochain. C’est ce qu’a annoncé le mardi 17 août dernier le procureur de la justice militaire du Burkina Faso. 34 ans après l’assassinat de l’icône du panafricanisme, les charges ont été confirmés contre l’ancien président et ses 13 autres co-accusés le 14 avril dernier. Par la suite la chambre de contrôle de l’instruction avait renvoyé le dossier de l’assassinat du père de la révolution burkinabè et ses 12 compagnons devant le tribunal militaire de Ouagadougou.

A la suite de cette annonce, le Réseau International Justice pour Sankara et ses compagnons, justice pour l’Afrique souhaite voir l’extradition sans « condition » de l’ancien président Blaise Compaoré inculpé mi-avril dernier dans l’affaire de l’assassinat de son prédécesseur, Thomas Sankara et ses 12 compagnons. Renversé par une insurrection population en 2014, l’ex-Chef de l’État burkinabé Compaoré vit depuis en Côte d’Ivoire.

Dans son communiqué, le Réseau International Justice pour Sankara et ses compagnons, justice pour l’Afrique a indiqué, « pour autant nous exprimons notre réprobation des tentatives des autorités burkinabè de négocier avec Blaise Compaoré son retour. Ce dernier est sous le coup d’un mandat d’arrêt international et il appartient à la Côté d’Ivoire de l’extrader sans condition ».

L’organisme dénonce ainsi un complot international dans cette affaire. « Nous regrettons de même que l’enquête sur le complot international n’ait pu être menée à terme, faute d’une franche collaboration des autorités des pays soupçonnés être impliqués », peut-on lire dans le communiqué de cette organisation de la Société civile.

L’organisation regrette par ailleurs, le silence « coupable » des États-Unis dans le dossier de l’assassinat de l’icône du panafricanisme et ses 12 compagnons. Elle exhorte ainsi le pays à entamer une collaboration avec la justice burkinabé afin de mettre la lumière sur cette affaire. En outre, le Réseau demande aux autorités de Côte d’Ivoire, du Libéria, du Mali et du Togo de fournir tout  document permettant de faire avancer l’enquête sur le rôle respectif de ces différents États, et aux défenseurs des droits de l’Homme d’œuvrer pour obtenir de leurs gouvernements une collaboration avec la justice burkinabè.

A noter le père de la révolution burkinabè tombait sous les balles d’un commando, le 15 octobre 1987. C’était au cours d’un coup d’État portant le Capitaine Blaise Compaoré au pouvoir. Pendant les vingt-sept ans de pouvoir de son successeur le dossier de l’assassinat de l’ancien président venu aux affaires en 1983 par un coup d’État, a été un tabou.

Ibrahim Djitteye

Source : LE PAYS

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.