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Conférence de lancement des travaux du processus budgétaire 2025 : Le ministre Aloussséni rassure

Le Ministre de l’Economie et des Finances malien, Alousséni Sanou a ouvert, jeudi 22 février dernier à l’hôtel Granada de Bamako, la conférence de lancement des travaux du processus budgétaire 2025. C’était en présence du Directeur général du Budget, Ahmadou Tijani HAÏDARA, des gouverneurs de régions, des partenaires techniques et financiers, des représentants des institutions de la République…

Pour l’édition 2025, les participants ont abordé trois thèmes majeurs. Il s’agit de la vision Mali 2063 et l’élaboration de la stratégie nationale de développement à moyen terme du Mali : Enjeux et implications pour les politiques publiques. Le deuxième thème portait sur la mercuriale des prix : Elaboration, mise à jour et utilisation dans le processus d’exécution et de contrôle du budget de l’Etat. Et le troisième thème s’intéressait au dialogue de gestion et à l’opérationnalisation des outils de pilotage du budget-programmes : Expériences et bonnes pratiques au sein des ministères et institutions. Dans son discours d’ouverture, le ministre Sanou s’est penché sur l’évolution récente de l’économie malienne. Laquelle est, dit-il, plutôt rassurante dans le contexte macro-économique qui prévaut à l’élaboration du budget 2025 caractérisé par une amélioration progressive de la situation sécuritaire et socio-politique avec comme toile de fond la montée en puissance de l’armée nationale. Cela, en dépit des effets négatifs de la crise en Ukraine, ainsi que de l’embargo illégal et illégitime de la CEDEAO et de l’UEMOA imposé au Mali en 2022, lit-on dans son discours. A ses dires, « le taux de croissance réelle du PIB, estimée à 5,1% en 2023, devrait atteindre 5,3% et 5,1% respectivement en 2024 et 2025 ». L’inflation qui demeure maitrisée devrait, a-t-il ajouté, se situer en dessous de la norme communautaire de 3% grâce aux efforts conjugués du gouvernement, des acteurs du monde économique et une bonne campagne agricole. Quant aux premières estimations de l’exécution budgétaire 2023, signale le ministre, « la mobilisation des recettes fiscales ressort assez satisfaisante avec un taux de pression fiscale qui se situe à 14,7% du PIB, contre une prévision de 14,6% ». L’exécution des dépenses a été, selon lui, contenue dans la limite des dépenses prévues, soit 24,6% du PIB contre une prévision de 26,2%. Le niveau du déficit budgétaire est ressorti à 3,7% du PIB nettement meilleur que la prévision de 4,9%, a-t-il confié aux experts et partenaires réunis pour la circonstance. L’année budgétaire 2024 démarre sous de bons auspices. A ce titre, énonce M. Sanou, le gouvernement maintiendra les efforts pour l’amélioration de l’exécution du budget à travers le double objectif d’intensification de la mobilisation des ressources intérieures et d’efficacité des dépenses de l’administration. Pour l’exercice 2025, les perspectives macroéconomiques du Mali incitent à la mise en œuvre d’une politique budgétaire prudente et responsable en dépit d’un regain de la croissance du PIB réel. Puis d’indiquer : « A cet effet, la politique budgétaire vise un objectif de déficit budgétaire de 3,6% du PIB en 2025, compte tenu de nombreux engagements du gouvernement notamment dans le cadre du renforcement des acquis en matière de défense et de sécurité, ainsi que de l’amélioration des infrastructures socioéconomiques de base pour de meilleures conditions de vie des populations ». Il reste entendu qu’à moyen terme, la politique budgétaire s’inscrirait dans la dynamique de revenir progressivement au critère de convergence communautaire de l’UEMOA de 3% à l’horizon 2026, a précisé le ministre de l’Economie et des Finances.

Ce qu’il faut savoir dans le discours du Directeur général

De son côté, le Directeur Général du Budget a exposé la situation d’exécution provisoire du budget rectifié 2023. Le sieur Haïdara a singulièrement mis l’accent sur les recettes et les dons ressortis à 2 067,9 milliards de CFA mobilisés contre une prévision de 2 099,1 milliards de CFA dans le budget rectifié 2023, soit un taux de mobilisation de 98,5%. Aussi, le directeur s’est prononcé sur le taux de pression fiscale qui ressort à 14,7% en 2023 contre une prévision de 14,6%. Au public, l’intervenant soulignait que les dépenses se chiffrent 2 552,8 milliards de CFA en réalisation contre une prévision de 2 750,5 milliards de CFA dans le budget rectifié 2023, soit un taux d’exécution de 92,8%. Il ressort, d’après lui, un déficit budgétaire de 3,7% en 2023 contre une prévision de 4,9%. Pour ce qui est l’orientation de la politique budgétaire 2024 sur le plan des recettes, les travaux d’une journée ont permis d’échanger sur l’imposition du commerce électronique via la soumission à la TVA des prestations de services effectuées sur les plateformes de commerce électronique étrangères ou locales, ainsi que les commissions perçues par les opérateurs de ces plateformes à l’occasion de la réalisation des prestations ; l’introduction de la facture normalisée ; la poursuite des réformes pour l’amélioration de l’efficacité de l’administration fiscale et des douanes avec comme objectif l’augmentation durable des recettes de l’Etat et la promotion du civisme fiscal…

Rappelons que la conférence de lancement du processus budgétaire 2025 constitue l’occasion pour le ministère à travers la direction générale du Budget d’engager des discussions autour des sujets qui sont en lien avec l’amélioration de la politique budgétaire ce, avec près de 600 acteurs (décideurs, responsables de Programmes, Directeurs administratifs et financiers, Directeurs des Finances et du Matériel, parlementaires, société civile, partenaires techniques et financiers). A cette occasion où des fortes recommandations sont attendues, les partenaires techniques et financiers ont promis de soutenir le gouvernement de la transition malienne.

Mamadou Diarra

Source : LE PAYS

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