Covid-19 : le défi de faire adhérer les aide-ménagères à la vaccination

Le Mali se retrouve avec un taux de 15,30% de personnes vaccinées, avec un objectif de 70% d’ici fin décembre 2022. Il est constaté une réticence de certaines couches à la vaccination, dont les aide-ménagères.

L’Association de défense des droits des aides ménagères et domestiques (Addad-Mali) veille sur l’intérêt, la santé, la protection des aide-ménagères et domestiques. Selon Mme Diallo Sitan Fofana, sa présidente, « dès l’apparition, en mars 2020 de la Covid-19 au Mali, nous avons vite couru expliquer à nos sœurs comment on peut attraper cette maladie, comment se protéger et éviter la propagation du virus ».

Outre la sensibilisation, des gels, bavettes (près de 2000) et des savons ont été partagés entre les aide-ménagères membres de l’Addad-Mali. C’est ce même travail de sensibilisation qui se poursuit présentement, selon la présidente. « C’est vrai qu’il y a eu beaucoup de cas d’alerte sur nos filles qui avaient la toux et le rhume en plein temps de la Covid-19, mais elles ont toutes été à l’abri. De mars 2020 au mois d’août 2022, c’est une seule fille qui a été réellement touchée de la Covid-19. Nous n’avons pas exigé des aide-ménagères la vaccination. Notre pouvoir se limite à la sensibilisation sur le respect des mesures barrières. Nous ne pouvons pas imposer la vaccination ».

« Si les patronnes nous approchent pour leur vaccination, nous informons d’abord leurs parents au village. Si ces derniers acceptent, nous accompagnons les intéressées au centre d’immunisation ». Jusque-là, il n’y a pas d’aide-ménagère parmi les 2000 personnes qui ont approché l’association pour dire qu’elles veulent se faire vacciner, selon Mme Diallo Sitan Fofana.

La vaccination des travailleuses domestiques est une question de volontariat, selon un responsable de la Direction régionale de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille. Les aide-ménagères travaillent dans des familles et au sein d’une communauté. Lorsque les membres desdites familles se font vacciner, elles doivent également les inciter à se faire vacciner.

Pour le président de l’Association pour la protection des travailleurs domestiques au Mali, Moussa Guindo, les aide-ménagères travaillent sous tutelle et ne sont pas considérées au même titre que les autres membres de la famille. « Nos filles majeures peuvent se vacciner sans consulter l’association. La vaccination des mineures se fait suite au consentement des parents », a dit M. Guindo.

Une dizaine de parents ont été, selon lui, appelés par l’association pour la vaccination. Mais il y a, sur 205 filles répertoriées sous le compte de l’association, une seule fille qui s’est fait vacciner, ajoute le président.

Bibatou Togola est une aide-ménagère domiciliée à Niamakoro. Elle dit ne pas vouloir se faire vacciner parce que dans la famille où elle travaille, personne n’a contracté la Covid-19. Yafla Loulouké, une autre travailleuse domestique dit avoir peur des vaccins. Pour sa part, Bintou Diallo confie être naturellement allergique à la vaccination, bien avant l’arrivée de la Covid-19 au Mali. De son côté,  Mama Minta rassure qu’elle continue de se protéger en utilisant les masques et le gel alcoolique. « Pour me protéger, je n’hésite pas à me faire vacciner », indique Mama.

« A vrai dire, ni moi ni mon aide-ménagère ne nous sommes pas fait vacciner. Nous respectons les mesures barrières », explique Touré Rachida Ousmane. La patronne précise que son employée est libre de se faire vacciner. « Je ne veux pas l’obliger car elle est majeure ».

Mamadou Diarra

Ce reportage est publié avec le soutien de Journalistes pour les droits humains (JDH) au Mali et Affaires Mondiales Canada.

Source : LE PAYS

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