SOCIETE

Dépôt des déchets en plein cœur du marché de ‘’Dabanani’’ : Les marchands désapprouvent

En plein cœur du marché de ‘’Dabanani’’, des tas d’immondices s’étendent à perte de vue, au bon milieu du goudron. Pire, des vendeuses de riz, de fruits et bien d’autres aliments qu’achètent les citoyens sont installés près de ces ordures qui répandent des vents pollués, voire insupportables. Saisis par nos soins, les occupants des lieux ont désapprouvé une telle pratique en estimant que la situation est « très gênante ».

Au Mali, des questions se posent à savoir si les autorités communales se préoccupent de la santé publique des populations. Par de telles pratiques, comment peut-on lutter contre le paludisme et les maladies qui se transmettent par des vents toxiques ? En tout état de cause, la preuve incontestable qui traduit l’indifférence de nos autorités sur des questions sanitaires, demeure le cas des marchands de ‘’Dabanani’’.Au beau milieu du goudron menant à l’Assemblée nationale du Mali se trouvent des ordures provenant du marché et d’autres endroits. Interrogé, le commerçant Boubacar Camara nous confie ses préoccupations : « Ma première difficulté est que les clients n’acceptent pas de venir vers moi à cause de l’odeur et du gaz que dégage cette ordure. Du coup, je perds mes clients ».La deuxième chose est qu’on ne peut pas manger quand ces ordures sont là à cause des odeurs, explique le commerçant. « Nous qui sommes proches de ces ordures ne pouvons rester longtemps sans nous déplacer. Très généralement, on continue de sentir ces odeurs  pendant la nuit, quand on est à la maison. Parfois, ma tête me fait mal à cause des vents pollués que dégagent ces ordures et que je respire toute la journée », ajoute-Boubacar qui précise aussi : « Parfois, on est même découragé de venir au marché. Tout simplement parce qu’on est gêné par ces ordures qui menacent notre santé et rendent l’accès du marché difficile ». « On vient pour chercher de l’argent, non seulement on ne gagne rien, mais on est gêné en plus par ces déchets », déclare l’interrogé. À l’entendre, les déchets viennent non seulement du marché pour être entassés sur le goudron, mais ils viennent aussi de Bozola et bien d’autres endroits. Pour ce faire, il poursuit son explication, nombreuses sont des femmes qui viennent de partout déverser leurs ordures ici. En plus, énonce Camara, une centaine de personnes quittent chaque soir avec des charrettes bondées de déchets pour les accumuler à ce même endroit. Ils le commencent à partir du crépuscule jusqu’à des heures avancées dans la nuit. Pour notre interlocuteur installé à côté du dépotoir, les commerçants sont presque quotidiennement confrontés à ces problèmes. « Quand ceux qui sont chargés de transporter les déchets font un ou deux jours sans venir, c’est cela qui provoque l’accumulation des déchets. Et quand il pleut, ça devient encore pire il y aura une stagnation des eaux sales avec des odeurs parfois insupportables et toxiques », annonce-t-il. Aux dires de ce dernier, les déchets bloquent « carrément » le goudron et provoquent des embouteilles qui sont parfois sources de querelles entre les usagers. Avant de finir, il a remercié le maire prédécesseur d’Adama Sangaré qui avait choisi deux gardiens pour empêcher le dépôt des ordures sur le goudron. Assise à côté d’un tas d’ordures, la vendeuse Aichata Konté dit être préoccupée face à la situation qui, selon la plupart  des personnes interrogées, est « très gênante ».Parmi les gens interrogés figurait le réparateur Kalifa Kané qui s’est exprimé de la sorte : « Tout le monde sait que l’ordure est la maladie ».

Mamadou Diarra

Source : LE PAYS

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