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Economie : Qui a donc tué la gomme du Mali ?

Du chewing-gum aux boissons comme Coca Cola ou encore les pâtes dentifrices et les gâteaux, de nombreux produits alimentaires ont la gomme arabique dans leur composition. Le Mali produisait beaucoup cette gomme dans le passé, un produit présent sous le code E414 sur les étiquettes des produits de l’Union Européenne. Le gouvernement malien se tourne timidement vers cette filière dont l’exploitation relève encore de l’amateurisme.

Les stocks de la gomme arabique sont très faibles dans les centres de production tandis que dans les magasins de gros, surtout à Kayes, on note un peu de stocks destinés à la vente aux partenaires commerciaux dont les Indiens et les Sénégalais. Généralement, les Maliens qui interviennent dans le secteur ne sont pas nombreux malgré l’importance de ce commerce. A Kayes, Yélimané, Nioro, Diéma, Kita et Ségou, les prix bord-champ de la gomme dure et les échanges en gros se maintiennent au même niveau évoluant entre 350 FCFA et 375 par kilogramme.

Parfois, les prix peuvent aller à 400F CFA ou 450. S’agissant de la gomme friable, les prix bord-champ sont faibles. La demande est tellement forte que certains jeunes ont renoncé à la migration pour chercher de l’argent dans la cueillette de la gomme. Le commerce de la gomme arabique peut ainsi sortir de nombreuses familles de la précarité dans les villages de la région de Kayes et d’autres régions sèches du pays.

Pour des spécialistes, la diaspora importante de la région de Kayes doit investir dans la production de la gomme arabique en investissant dans la plantation des pieds d’acacia. Selon les experts, les retombées économiques d’un tel investissement sont rapides et rentables. Les compagnies étrangères peuvent être facilement séduites par des projets de plantation d’acacia. Les fonds d’investissement pour le climat constituent surtout une aubaine dont les régions doivent profiter.

Ces derniers temps, on parle beaucoup de l’économie décarbonée. Il ne reste plus qu’aux municipalités de donner un petit coup de pouce à la nature qui offre déjà de quoi dominer le marché ouest africain de la gomme arabique. La relance de ce commerce permettra au Mali de redevenir un pays fournisseurs des grandes firmes qui achètent la gomme arabique. Il est difficile de savoir qui a tué la gomme arabique au Mali, mais le développement des pays asiatiques, disposant de nombreuses industries alimentaires, donne une grande opportunité commerciale.

Soumaila Diarra

Source : LE PAYS

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