Edito : 2022-2023, posons les vrais problèmes en acceptant le vrai changement

L’année 2022 a été particulièrement difficile dans le monde et surtout pour le Mali qui a fait face aux sanctions de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest CEDEAO en plus de la crise sociopolitique et sécuritaire que nous traversons depuis des années.

Le président de la Transition a même dit dans son discours de fin d’année qu’il « retiens surtout la résilience des Maliens qui ont montré leurs capacités à faire face à l’adversité et aux difficiles conditions de vie ». Cette résilience doit être capitalisée et consolidée pour relever les énormes  défis que nous aurons à relever tout au long de 2023.

Sans déni de la réalité, nous constatons un retard dans la mise en œuvre du chronogramme des différentes actions de la Transition dont l’inexistence des démembrements de l’AIGE qui est indispensable pour la tenue des élections devant mettre fin à la transition militaire.

En effet, l’organe unique de gestion des élections a été décrié dans sa composition par plusieurs acteurs politiques pour des raisons de « consensus et conformément aux textes », d’après eux.  Il n’existe pas non plus dans les régions et les localités alors que cela devrait être le cas avant la fin de l’année 2022.

A ces imperfections s’ajoute le dossier de l’avant-projet de constitution et le referendum prévu en mars qui sera sans doute difficile à tenir en cette date. On se demande aussi pourquoi le cadre de concertation entre le gouvernement et les partis politiques ne se réunit plus mensuellement.

Concernant l’affaire des militaires ivoiriens, la justice s’est prononcée et la grâce présidentielle a suivi. Ce qui est vraiment salutaire dans la mesure où cela contribuera à amener un peu d’accalmie dans les relations diplomatiques avec la république sœur de la Cote d’Ivoire et les Etats membres de la CEDEAO.

Les maliens ont déjà  consenti à payer un lourd tribut pour la reconquête de leur souveraineté avec des conséquences énormes sur le vécu quotidien. Force est de rappeler que certains comportements ont aggravé le calvaire de nos compatriotes. Il s’agit notamment de certains commerçants véreux qui n‘ont pas hésité à empocher les subventions de l’état tout en maintenant les prix des produits de première nécessité à des prix inabordables. La transition a donc intérêt à ne pas décevoir ce peuple résiliant et non soumis.

On se rappelle de ce 14 janvier 2022 ou, comme un seul homme, ils se sont mobilisés pour exprimer leur soutien à la transition et créer autour de nos Forces de défense et de sécurité, une union sacrée qui a contribué dans une large mesure, à affaiblir la CEDAO dans sa position contre les autorités de la transition militaire.

L’an 2022 fut aussi celui de la finalisation et du début de la mise en œuvre des recommandations des Assises nationales de la refondation (ANR). Pour ce faire, nous devons tous travailler dur pour une bonne organisation des différentes échéances électorales. Il faut à cet égard d’abord et avant tout, rendre l’AIGE rapidement opérationnelle. Ensuite, disposer du budget nécessaire pour ces élections et amener les électeurs à croire  en l’importance de leurs bulletins de vote et adhérer au processus électoral.

En attendant de voir ce que 2023 nous réserve, posons les vrais problèmes en acceptant le vrai changement.

Albadia DICKO

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