Editorial

Édito : Quoi de plus normal ?

Selon plusieurs sources, le président de la transition, le Colonel Assimi Goïta, a entamé, la semaine dernière, les consultations des forces vives de la nation. Ces rencontres entrent, pour bon nombre de Maliens, dans le cadre d’un remaniement ministériel. Certains citoyens, la majorité de ceux-là qui réclament la tête du premier ministre, commencent à crier victoire. D’autres, les proches et admirateurs du Dr Choguel Kokalla Maïga, expriment leur incompréhension sur une « fin » du duo « Assimi-Choguel ».  Y a-t-il un malaise entre le président de la transition et son premier ministre ? Le chef du gouvernement est-il désavoué par certains de ses ministres comme le disent certains ? Quelque chose se trame-t-elle contre le premier ministre ? Nous ne sommes pas dans les secrets de Dieu. Mais pourquoi alors tous ces bruits sur le rapport entre le président de la transition et son premier ministre ? Les consultations engagées par le colonel Assimi Goïta avec les forces vives de la Nation semblent être la cause.

Ceux qui sont opposés au premier ministre voient en ces consultations une annonce de la fin du séjour du Dr Choguel Kokalla Maïga à la primature. Ils ont leurs arguments. Ceux qui estiment que le premier ministre ne doit pas être inquiété même s’il y a un remaniement ont également leurs arguments.

Mais ce qu’il faut savoir, les consultations engagées par le président de la transition avec les forces vives de la nation sont plus qu’une nécessité. D’abord, la situation politique et sociale actuelle oblige. Les Maliens ont besoin de se parler, de se donner la main et faire face à l’ennemi extérieur. Les politiques ont besoin d’être rassurés quant à la volonté des autorités en place d’organiser les élections crédibles et transparentes à des délais raisonnables. Les autorités ont le devoir, surtout à cette approche du mois de ramadan, de parler aux populations, de les rassurer en cette période d’embargo.

Un autre facteur est que les autorités de la transition ont révisé, à travers le Conseil national de la transition, la charte de la transition. Les points essentiels évoqués étaient, en dehors de la durée de la transition, la suppression du nombre du gouvernement limité à 25 et l’élargissement du CNT. Donc après l’adoption et la promulgation de cette loi, il faut s’attendre à un remaniement ministériel. Et pour cela, des consultations des forces vives de la nation s’imposent.

Ce n’est pas nouveau au Mali.  A chaque remaniement ministériel, le président en exercice consulte les forces vives de la nation. Cela lui permettra d’éviter certaines erreurs et d’avoir plus de consensus autour du gouvernement qui sera mis en place. Il n’y a donc rien de diabolique que le président de la transition fasse des consultations en ce moment critique de la vie de la nation. Quant à la question du maintien ou non du premier ministre, le temps nous le dira. En tout cas pour le moment, il y n’a aucun signe de divorce entre ces deux hommes.

Boureima Guindo

Source : LE PAYS

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