Edito : Rien n’est encore perdu !

Confronté à une crise multiforme et multidimensionnelle depuis 2012, le Mali est actuellement embourbé dans un climat sociopolitique très tendu. Un mouvement politico-religieux et de la société civile, dénommé ‘’ Mouvement du 05 juin- Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP)’’, réclame le départ du président de la République et de son régime. Pour y arrivé, il a appelé à la désobéissance civile le vendredi 10 juillet dernier. Depuis ce jour, Bamako est à feu et à sang. Les violences ont entrainé des pertes en vies humaines, des destructions d’édifices publics, des pillages et saccages de biens publics et privés. Le pays est complètement paralysé et cela fait presque deux (2) mois sans Exécutif.

Après une première mission d’apaisement de la tension, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a encore dépêché dans la capitale malienne une délégation d’experts conduite par l’ancien président de la République fédérale du Nigeria, Goodluck Jonathan. La délégation a achevé sa mission ce week-end. Mais le plan de sortie de crise des experts de l’organisation ouest-africaine n’a pas été accepté par le M5-RFP qui demande la démission pure et simple du président IBK et de son régime.

 Parmi les recommandations que la mission souhaite voir mises en œuvre rapide, on retient la formation d’un gouvernement d’union nationale, la reconstitution de la Cour constitutionnelle et le règlement du contentieux électoral. Malgré ce énième échec de conciliation de la Cedeao, rien n’est encore perdu. Puisque dès demain, jeudi, quatre (04) chefs d’Etat de cette organisation, en l’occurrence Alassane Dramane Ouattara (Côte d’Ivoire), Macky Sall (Sénégal), Mahamadou Issoufou (Niger), Nana Akufo Addo (Ghana) sont attendus à Bamako pour tenter une médiation entre IBK et le M5-RFP.

Rien n’est encore perdu. Car, le Mali est un grand pays de dialogue. Ah oui, un pays multiethnique qui a les ressources sociologiques et historiques pour sortir de cette crise qui n’est pas la première de son histoire. Quand tu coupes une branche, une nouvelle branche pousse. Nous allons résoudre cette crise et avancer comme nos ancêtres l’ont toujours fait. Mais faisons attention et ne laissons pas que le cœur prenne le dessus sur la raison.

Je crois fermement que nous avons les ressources nécessaires pour juguler cette crise. Pour y arriver, il faut que le président IBK rétablisse urgemment d’abord la confiance. Ensuite, il faut un dialogue franc et sincère entre lui et le M5-RFP. Au stade actuel de la situation, seule l’union des cœurs et des esprits de l’ensemble des Maliens peut sauver le pays.

Aliou Touré

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