Hamidou Djimdé au second tour à Koro : « Nous voulons être les véritables porte-paroles de nos populations à l’hémicycle »

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Candidat sur la liste indépendante « Mouvement Mali Qui Bouge “Alliance Ama-Kene » arrivée en tête lors du 1er tour des législatives à Koro, Hamidou Djimdé nous évoque les raisons de leur candidature et leurs engagements une fois élus députés. C’est dans une interview qu’il nous a accordée hier, mardi 7 avril 2020.

Lisez ! 

Vous venez de passer au second tour des législatives à Koro. Quel est le sentiment qui vous anime ?

Dieu merci. Les campagnes se sont déroulées sans incident et les élections se sont tenues sans problème majeur. À Koro, il y avait treize listes dont une liste indépendante, la nôtre. Les grands partis existant sur l’échiquier politique ont compéti.

Je me réjouis de ma participation à cette élection du 1er tour. Notre liste était le parent pauvre de la compétition. Nous étions considérés comme des plaisantins. Cela était sans compter sur notre détermination et l’engagement de nos populations qui aspirent à un changement profond.

À l’issue du 1er tour, nous sommes arrivés 1er sur les treize listes avec près de 20 000 voix soit 29, 80 % suivi de la CODEM avec 16,48 % et la liste ADEMA RPM URD Um-RDA avec 12,17 %.

Je ne peux qu’être fier de notre travail.

Vous êtes un mouvement indépendant. Beaucoup se posent la question de votre financement. Pouvez-vous vous prononcer là-dessus ?

Nous sommes une liste indépendante dénommée Mouvement Mali Qui Bouge « Alliance Ama-Kene », composée de Hamidou Agouno DJIMDÉ, Marcelin GUENGUERE, Yogoïré Marie DOUYON et Djouwaratou ZORMÉ.

La question mérite d’être posée, nous avions eu assez de difficultés pour le financement. D’ailleurs une des raisons qui a fait que nous avons eu des difficultés pour la constitution de notre liste. Les gens se disaient que nous n’avions pas d’argent pour faire la campagne et que c’était peine perdue de nous suivre.

Malgré tout, on a pu faire notre liste. Au moment où certains candidats sortaient des liasses d’argent et que d’autres apportaient des matériels de tous genres, nous, on se présentait avec un programme clair et précis. C’était des propositions concrètes sur comment sortir de cette crise, comment ramener la cohésion sociale, la quiétude, le vivre ensemble. De façon symbolique, nous faisions un geste au Toguna et au Chef de village. Nous nous sommes considérés comme les candidats du peuple et certaines associations nous ont beaucoup soutenues financièrement et en termes de mobilisation.

Quel est le lien entre votre liste et Danna Ambassagou ?

Il y a eu beaucoup d’amalgames à ce niveau. Nous n’avons sollicité aucune forme de soutien à Danna Ambassagou. Et nous n’avons eu aucun soutien de Danna Ambassagou.

Marcelin Guenguere a été porte-parole de Danna Ambassagou et moi à travers le Mouvement Baguine Sô avons apporté un soutien inestimable aux Danna. Quand nous avons décidé de nous lancer dans la course, certains Danna, de façon volontaire, ont décidé de nous protéger lors de nos déplacements. C’était des actes de reconnaissance. Ils disaient que nous les avons défendus quand ils étaient dans le besoin et que c’est un devoir pour eux de nous rendre la monnaie.

Qu’est-ce qui vous a motivé à être candidat ?

Notre motivation est très simple. Cela fait trois ans que nous assistons ces populations en détresse à travers plusieurs actions. Nous avons porté la voix de ces populations.

Maintenant, nous cherchons une légitimité populaire afin de bien mener notre combat.

Y a-t-il un lien entre votre candidature et le mouvement Baguine so ?

Le Mouvement Baguine Sô est une association apolitique créée pour communiquer sur la situation sécuritaire au Pays Dogon. Nous ne parlons jamais de politique en son sein.

Par ailleurs, les membres du Mouvement peuvent faire la politique, mais en dehors du Mouvement.

Bien que je sois le Président, le Mouvement Baguine Sô n’a rien à voir dans ma candidature. Cela n’a jamais été discuté en réunion. Il y a eu d’autres cas de candidature de certains membres du bureau. Chacun s’est battu sans l’implication de Baguine Sô.

En dehors de cela, nous sommes des citoyens libres et fils du terroir. Par conséquent, nous avons le plein droit de participer aux élections de notre pays. Ceux qui s’agitent pour cela peuvent revenir sur terre.

Qu’est-ce que les populations peuvent attendre de vous quand vous êtes élus députés ?

Nous allons nous investir afin que la paix et la stabilité reviennent dans notre localité, que tous les déplacés regagnent leurs sites, engager des dialogues francs et sincères avec tous les acteurs. Nous voulons éviter les erreurs des anciens et surtout être de véritable porte-parole de nos populations à l’hémicycle.

La situation sécuritaire au pays dogon, particulièrement dans le cercle de Koro, comment vous la voyez ?

Au cours de cette campagne, sur les 16 Communes, nous avons parcouru les 12. Nous avons rencontré les populations et nous avons échangé avec elles. Nous avons remarqué que des dizaines de villages n’existent plus. Les déplacés se comptent par centaines. Les attaques continuent. Le fait marquant lors de cette campagne, c’est quand nous avons retrouvé une dame à Douna Pen. Cette femme avait été enlevée par des bandits armés en octobre 2019 avec son enfant de 40 jours. Quand elle a été relâchée, elle a regagné Douna, mais elle avait des difficultés pour rejoindre son foyer. C’est ainsi que notre équipe de campagne l’a ramené chez son mari à Pongonon (son bébé et elle). La situation sécuritaire est très critique.

Réalisée par Boureima Guindo

Source : LE PAYS

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