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L’OIT évalue les risques du réchauffement climatique : 80 millions d’emplois ainsi que 2.400 milliards de dollars sont menacés d’ici 2030

L’organisation internationale du travail (OIT) a publié, le lundi 1er juillet 2019, son rapport sur les risques du réchauffement climatique. Ledit rapport indique que 80 millions d’emplois ainsi que 2.400 milliards de dollars   sont menacés d’ici 2030.

Catherine Saget, Cheffe d’unité au département de la recherche de l’Organisation internationale du travail (OIT) et l’une des principaux auteurs du nouveau rapport de l’OIT sur ces questions, a indiqué que l’impact du stress thermique sur la productivité du travail est aussi l’une des conséquences graves du dérèglement climatique.  Étant défini dans le rapport comme   une chaleur supérieure à ce que le corps peut tolérer sans subir de dommage physiologique, le stress thermique intervient généralement lors de températures supérieures à 35 °C, avec un fort taux d’humidité. Ce nouveau rapport de l’OIT (« Travailler sur une planète plus chaude : L’impact du stress thermique sur la productivité du travail et le travail décent ») s’appuie sur des données climatiques, physiologiques et d’emploi.  Selon   Catherine Saget : « L’impact du stress thermique sur la productivité du travail est une conséquence grave du changement climatique, qui s’ajoute aux autres effets néfastes telles que la modification du régime des précipitations, la montée du niveau des mers et la perte de biodiversité ». Selon le rapport, ces projections ont été établies sur la base d’une hausse de la température mondiale de 1,5 °C d’ici à la fin de ce siècle, ce qui laisse prédire qu’en 2030, 2,2% du total des heures travaillées dans le monde seraient perdues en raison des températures élevées. Ce rapport indique également que les zones les plus exposées par ce phénomène sont l’Asie du Sud et l’Afrique de l’Ouest et dans les secteurs comme l’agriculture et la construction, deux secteurs les plus affectés selon l’agence onusienne basée à Genève. Car selon le rapport de l’OIT, le secteur agricole emploie 940 millions de personnes à travers le monde. Il devrait représenter 60% des heures de travail perdues en raison du stress thermique à l’horizon 2030. Ensuite suit le secteur de la construction avec une estimation de 19% des heures de travail perdues dans le monde à la même échéance. Les autres secteurs particulièrement exposés sont, selon l’OIT, les biens et les services environnementaux, le ramassage des ordures, les services d’urgence, les travaux de réparation, le transport, le tourisme, le sport et certains types de travaux industriels. Pour donc pour permettre aux travailleurs d’affronter les températures élevées selon l’OIT, les employeurs seraient invités à fournir de l’eau de boisson et à dispenser une formation sur la détection et la gestion du stress thermique. Sur ce point, l’OIT recommande que : « Le dialogue social pourrait se révéler utile pour trouver un consensus sur les modalités de travail à l’intérieur et à l’extérieur, sur l’adaptation des horaires de travail, des codes vestimentaires et des équipements, sur l’utilisation des nouvelles technologies, sur l’aménagement de pauses pour se reposer au frais ou à l’ombre ».

ISSA DJIGUIBA

Source : LE PAYS

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