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« Mal profond » du cinéaste Yaya Fomba : Une nouvelle œuvre artistique dénonçant la corruption et la mauvaise gouvernance au Mali

Au centre Blonba de Bacodjironi, en commune V de Bamako, de nombreuses personnalités ont été, dans la nuit du vendredi 10 au samedi 11 mars dernier, tenues en haleine par une nouvelle production artistique. Il s’agit d’un long métrage dénommé « Mal profond » réalisé par le cinéaste Yaya Fomba et ses compagnons. Une œuvre qui dénonce la corruption et la mauvaise gouvernance qui minent le pays.

Tourné dans la région de Tombouctou par des jeunes maliens, le nouveau film tente d’expliquer comment la corruption, l’enrichissement illicite et la mauvaise gouvernance se passent dans le pays. Le film démontre des moyens et méthodes usés par certains agents de la Police, ceux des impôts, le comportement des parents d’élèves, celui des maires du pays et des juges traitant des sales affaires au détriment de l’Etat. Lesquels agents publics ou fonctionnaires profitent de leurs postes pour illégalement s’enrichir à travers des réseaux sophistiqués. « Nous sommes basés dans la région de Tombouctou et avons mis en place une association dénommée ‘’engagement citoyen’’. Nous avons choisi le cinéma comme moyen d’expression ». « L’idée, explique Yaya Fomba, c’est de traiter des sujets d’intérêt national. Nous avons alors pensé que la corruption reste quand même le sujet prioritaire avec lequel on devrait commencer la réalisation de nos films ».Ce long métrage dénommé ‘’Mal profond’’ évoque le parcours d’un jeune entraineur bouillant. Lequel tente de s’opposer aux pièges et toutes les tentatives de corruption venant des agents publics et fonctionnaires à la fois corrompus et corrupteurs. Dans ce film de fiction, rapporte le cinéaste malien, l’objectif est de montrer l’environnement dans lequel les gens vivent au Mali. S’agissant d’une situation de gouvernance qui n’est pas très respectueuse de certaines normes. C’est de ça que les acteurs tentent de démontrer via celle nouvelle œuvre artistique, précise M. Fomba. A cette occasion où des amis, proches, partenaires et membres du CNT étaient présents, le réalisateur confiera que les conditions de tournage du film « sont extrêmement difficiles ». « Nous manquons vraiment de décor et d’infrastructures. Il n’y a pas d’accompagnement en terme de matériels, ni en terme de financement. On le fait avec les moyens du bord. Ce film a été conçu, réalisé et post produit à Tombouctou grâce au soutien de nos autorités, en matière de sécurisation des participants du film », révèle Yaya. Les acteurs ont mis quatre (4) mois dans le tournage. En choisissant une thématique pareille, l’idée consiste à contribuer à la prise de conscience à travers les uns et les autres. Dans la corruption au Mali, il se trouve que les uns accusent les autres. Pourtant, souligne l’intervenant, « chacun de nous est, en quelque sorte, responsable de ce qui se passe présentement dans le pays. Si chacun pouvait correctement accomplir la tâche à lui assignée, ce pays connaitra, sans doute, une situation différente de celle que nous vivons aujourd’hui ». Puis de soutenir que l’idéal est de vulgariser les films purement maliens partout dans le pays. Quant aux différentes personnalités présentes, presque tout le monde se reconnait dans cette œuvre artistique de Yaya et ses compagnons.

Mamadou Diarra

Source : LE PAYS

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