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Mortalité maternelle et infantile : enjeux et solutions engageables

Le Mali est un pays avec une population d’environ 20 millions d’habitants en 2021. C’est ce qu’indique, la dernière Enquête Démographique. Ce pays qui se compose de 51% de femmes, vit une situation sanitaire précaire. Chaque année, des milliers de femmes meurent en donnant la vie. On enregistre aussi de nombreux enfants mort-nés. Pour faire face à ce phénomène des solutions sont engageables. Enfin de savoir plus nous nous sommes approché des experts de la santé. Lisez l’article pour comprendre.

Selon Dr Ben Moulaye Idriss, directeur de l’Organisation nationale de la Santé de la Reproduction (ONASR), près de 17 femmes meurent chaque jour en donnant naissance au Mali, à cela s’ajoute la dernière Enquête Démographique de la santé (EDSM) menée en 2012 qui indique que sur 100 000 naissances vivantes, 368 femmes meurent des complications de la grossesse et de l’accouchement soit 3000 femmes par ans.

« Les causes de ces mortalités sont souvent liés soit à l’hémorragie, à l’infection, rupture utérine, anémie et autre », indique Dr Ben Moulaye Idriss, Directeur de l’ONASR.

Quant à madame Ramata Traoré Sage-femme à la direction générale de la santé et de l’hygiène publique (DGSHP) elle indique que les causes du décès maternelle et infantile sont nombreuses « les causes peuvent être directes, indirects, socio-culturels, les causes qui sont liés au manque des plateaux techniques, les causes liés à l’analphabétisme et aux moyens » cite-elle.

« Les causes majeurs directs sont la rupture et l’hémorragie du post partum. Les causes indirectes sont qu’avant même la grossesse ne survienne, il y’a des maladies qui peuvent être déjà sur place dans le corps de la femme (hypertension, saignement, le paludisme, Diabète, cardiopathies qui compliquent l’accouchement » explique la sage-femme de la DNSHP.

Elle continue en ces termes, « les cause culturelles sont tout simplement que dans certains milieux il y’a des femmes qui n’aiment pas être consulté ni par les femmes ni par les hommes à cause de leur tradition, elles préfèrent mourir que de se faire consulter par un quelconque agent de la santé. A cela s’ajoute les accoucheuses traditionnelles qui font l’accouchement et cela abouti parfois à un décès ».

Aussi faut-il ajouter que dans certains hameaux, il n’y a que des dispensaires qui ne sont pas bien équipés et manquent de personnel qualifié.

Pour pouvoir lutter contre la mortalité maternelle et infantile, le gouvernement et ses partenaires techniques ont mis en place des stratégies. « Le gouvernement et ces partenaires ont mise en place au niveau de la DGSHP des sous-directions qui travaillent avec les partenaires comme OMS, Unicef, Save the childrens, Word vision etc… dans la lutte contre le phénomène » indique Ramata Traoré.

La sage-femme de la DGSHP n’a pas oubliée de souligner que le gouvernement a aussi mise en place depuis 2005 la gratuité de la césarienne, la gratuité des consultations prénatales qui sont liés au paludisme pour les femmes enceintes. Et aussi la gratuité de la prise en charge des enfants de 0 à 5 ans contre la prévention du paludisme.

En marge des solutions du gouvernement pour lutter contre la mortalité maternelle et infantile, la sage-femme Ramata de la DGSHP et le directeur général de la santé de la reproduction Dr Ben Moulaye Idriss préconisent tous des solutions pour lutter contre ce phénomène.

« Pour lutter efficacement contre la mortalité maternelle et infantile il faut surtout sensibiliser la population, car on n’est dans un pays où le taux de l’analphabétisme est beaucoup élevé. Certains pensent qu’espacer la naissance c’est être un non croyant, alors que la planification familiale est un moyen efficace pour lutter contre la mortalité maternelle et infantile » dit Ramata Traoré sage-femme à la DGSHP. Pour elle, le recrutement décentralisé qui a été mise en place par le gouvernement est aussi un moyen efficace pour lutter contre la mortalité maternelle et infantile.

Quant à Dr Ben Moulaye, il suggère ceci « La méthode contraceptive demeure le moyen le plus efficace pour tout pays qui souhaite faire face à la mortalité maternelle et infantile » tout en ajoutant que « le renforcement des spécialistes sanitaires au niveau régional en est une autre solution ».

Rappelons ici que selon les indicateurs 2021 sur le partenariat pour Ouagadougou concernant la planification familiale, grâce à l’adoption de la méthode contraceptif plus de 324000 grossesse non désirée ont été évités aussi, plus de 116000 avortements à risque ont été évités à cela s’ajoute 13000 décès de mères évités au Mali en 2021.

Pour les zones rurale compte tenu du coût des contraceptifs, il est impératif de préconiser la gratuité des méthodes de la planification familiale (PF) c’est d’ailleurs ce que l’Etat a fait récemment en rendant gratuite les méthodes PF partout au Mali.

D’après les informations reçues par Dr Ben Moulaye, l’Etat n’exclut personne dans sa lutte contre la mortalité maternelle et infantile. C’est dans ce cadre qu’il est en train de mettre en place dans les structures de santé des centres des jeunes pour permettre aux jeunes filles de bénéficier des méthodes contraceptives sans contrainte. Déjà, ces centres sont opérationnels dans 7000 structures de santé.

Tioumbè Adeline Tolofoudié

Ce reportage est publié avec le soutien de JDH et FIT en partenariat avec WILDAF Mali et la Coalition des OSC/PF

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