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Ouragans, méga feux, inondations : L’homme est-il encore maitre et possesseur de la nature ?

L’apparition de phénomènes climatiques de plus en plus rares nous amène à comprendre que l’homme perd le contrôle de la nature

La raison a permis à l’homme de devenir maître et possesseur de la nature, s’était réjouis des penseurs du 17e siècle suite à la florescence des découvertes scientifiques et techniques. Des trouvailles qui ont changé le regard des hommes sur la nature qu’ils peuvent dompter à leur guise pour la résolution de tel ou tel problème. En un mot, on était tout heureux d’avoir découvert le secret de la nature.  Francis Bacon n’est-il pas allé jusqu’à comparer cette nature à un grand livre dont la lecture suffit pour se procurer d’énormes connaissances ? 

Alors, si tout cela est vrai, c’est que nous avons fait une mauvaise lecture du « Grand livre » ou encore notre raison a fini par devenir irrationnelle. Nous sommes alors dans une forme de « dialectique du maitre et de l’esclave », dans laquelle le dominé finit par prendre la place de dominateur. 

En effet, les catastrophes naturelles qui se multiplient de part et d’autre le monde, aujourd’hui, laissent comprendre la perte de la domination de l’homme sur les phénomènes naturels. De plus en plus, nous faisons face à des ouragans plus dévastateurs, des méga feux (pour parler comme la philosophe Joëlle Zask dans son nouveau livre paru le 22 août 2019 et intitulé : Quand la forêt brûle), des inondations voire de grandes sécheresses avec des conséquences inestimables. Les incendies de la forêt amazonienne ainsi que ceux en Afrique, occasionnés pour la plupart par l’homme en quête de ses besoins, contribuent à empirer le réchauffement de la planète.

Nous savons certes que la déforestation qui fait suite aux activités incontrôlées de l’homme détruit ces puits de carbone que sont les forêts qui absorbent, grâce à leurs feuilles, les carbones relâchés dans l’air et les transforment, avec l’appui de la lumière du soleil, en éléments nutritifs. Aux États-Unis principalement, les ouragans font rage.  Ils laissent derrière eux des villes décimées et des populations inconsolables. La fonte des glaciers a déjà fini par engloutir des villes entières.  Quant aux inondations, le monde entier est touché par ce phénomène que nous attribuons pour la plupart à un problème de gouvernance, notamment de politique d’urbanisation. Il peut certes y avoir ce paramètre, mais il ne faudrait pas non plus négliger la responsabilité du changement climatique. 

Ces inondations sont à mettre dans la même assiette que les sécheresses de part et d’autre. Ces phénomènes rendent difficile le vivre ensemble et alimentent les conflits terroristes ou intercommunautaires dans nos États, comme nous l’a laissé entendre le CICR dans son bulletin d’information du mois de juillet 2019. 

Il ne s’agit nullement d’une volonté réductionniste, mais de montrer à quel point il serait important pour nos États d’agir rapidement en unissant leurs efforts pour mettre en pratique les mesures prises pour l’atténuation du réchauffement planétaire. 

Toutes ces tragédies viennent prouver à l’homme les limites de sa raison qui n’a pas été capable de prédire le sort qu’il subit depuis la nuit des temps. Le monde est victime d’une « folie de la raison ». Elle a fini, dans sa course grossière, par devenir déraison. Aujourd’hui, le maitre possesseur ne possède plus le contrôle.  La domination est revenue à la nature qui se déchaine contre les hommes en les punissant de leur étourderie.  Ne doit-on pas dire aujourd’hui que la nature est devenue maitre et possesseur du monde ?

Fousseni TOGOLA

Source : LE PAYS

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