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Protection de l’environnement et lutte contre l’orpaillage clandestin : Le gouvernement s’attaque à une mafia

C’est en plein cœur de la forêt classée de Kékoro, un des poumons de notre environnement, que des prédateurs audacieux ont installé un véritable empire d’extraction d’or à l’indifférence totale de certaines autorités. Un crime hallucinant que le ministre de l’environnement Modibo Koné a décidé de punir et sévèrement, non sans heurter l’orgueil du « cartel ». Ce dernier décide d’en découdre.

Voyage au cœur d’un univers hors norme !

Kékoro est une bourgade perdue dans la forêt classée du même nom. Nous sommes dans la région de Bougouni et à quelque 200 Km de cette ville. Ici, nous nous sommes enfoncés dans la forêt avec un impressionnant dispositif de sécurité. Une précaution que la délégation a prise pour des raisons bien justifiées. C’est un monde sans loi et nous le découvrons sur place.

Plus de 20 gros monstres massacrent la forêt, s’enfoncent dans les entrailles de la terre pour extraire de l’or. La surface dévastée est inestimable. Plus d’une dizaine de lacs de produits chimiques, pas un cri d’oiseaux, les animaux les plus téméraires y ont laissé leurs carcasses. Des femmes enceintes et des enfants totalement inconscients du péril pataugent sur les traces des mastodontes qui broient la terre.

Les maitres des lieux ? Quelques personnes d’origine asiatique. Nous apprenons qu’elles parlent chinois.

Les ouvriers d’origines étrangères s’occupent des travaux et font le ménage.

C’est un véritable empire colonisé par une mafia cruelle.

Sur la base de renseignements fournis, le ministre de l’environnement Modibo Koné décide d’y dépêcher une mission à l’issue de laquelle il décide de déclencher une véritable croisade contre les exploitants illégaux d’or dans les forêts classées.

Ainsi, une mission minutieuse montée par la Direction Nationale  des Eaux et Forêts en collaboration avec la garde nationale sous le leadership du Conseiller juridique du MEADD a été exécutée dans la nuit du mercredi 21  au jeudi 22 décembre 2022 dans la forêt classée de Kékoro, située à environ 200 km de Bougouni.

Le moins que l’on puisse dire c’est que la moisson a été fructueuse. En effet, des bulldozers, des Pick Up et des fusils à pompe ont été saisis sur le site et quatre citoyens de nationalité chinoise, les autres ayant pris la clé des champs après avoir appris qu’une mission est en cours de route.

D’après les constats faits par les spécialistes, ces exploitants illégaux d’or ont sévi dans cette zone durant des mois au cours desquels ils ont sauvagement détruit plusieurs parties de ladite forêt classée. Un vrai scandale environnemental.

Afin de mettre un terme à ces pratiques, le ministre Modibo KONE aussitôt  dépêche la directrice nationale des eaux et forêts, l’inspecteur général KANOUTÉ Fatoumata KONÉ sur les lieux, le vendredi 23 décembre pour donner des consignes fermes afin que les matériels saisis soient acheminés sur Bamako et confisqués au profit de l’Etat.

Arrivée sur place, elle a fait le tour des sites où ces chinois, exploitants illégaux d’or dans cette forêt classée, ont mis notre environnement sens dessus dessous.

Après avoir invité l’équipe d’intervention à la plus grande vigilance, l’inspectrice générale KANOUTÉ Fatoumata KONÉ s’est engagée à prendre toutes les dispositions nécessaires pour acheminer les engins sur Bamako et initier la procédure appropriée pour d’abord les confisquer et ensuite faire d’eux des biens de l’état conformément aux instructions données par le ministre de tutelle Modibo KONE et aux textes en vigueur.

D’après la directrice nationale des Eaux et Forêts, tous les moyens nécessaires seront déployés pour mettre fin à l’agression de nos forêts classées.

Il faut noter que le magistrat Sidi Yaya Joseph TRAORÉ, conseiller juridique du ministère, a pris en charge toute l’opération.

Il faut rappeler que de son côté, le ministre des mines avait aussi déclenché une croisade de même envergure.

Ainsi, depuis le samedi 11 septembre 2022 une opération  a permis de démanteler un site illégal à Kourouma dans la commune de Faléa. 5 orpailleurs clandestins ont été arrêtés. 4 pelleteuses et un pick-up saisis. A   Dogofri, dans la commune de Kéniéba, une mine clandestine a été démantelée également. 1 orpailleur clandestin arrêté et 2 pelleteuses saisies. Les personnes arrêtées ainsi que les équipements saisis ont été mis à la disposition de la justice des localités concernées, avait indiqué le HFD du MMEE, le Colonel Major, Nicolas Cissé.

Ce n’est pas tout. Le vendredi 4 novembre 2022, dans la zone de Kéniéba,  l’équipe du Haut Fonctionnaire de Défense du MMEE, le Colonel Major Nicolas Cissé, avec l’appui de la Direction Nationale de la Géologie et des Mines, (DNGM), a procédé au démantèlement d’un site d’extraction frauduleuse et l’interpellation de 2 orpailleurs illégaux de nationalité étrangère. De même, 2 pelleteuses et 1 bulldozer ont été saisis.

Trois jours plus tard, le 7 novembre, l’équipe a procédé à la fermeture d’un site d’extraction illégale à Kandiolé. Au cours de la même opération, 7 orpailleurs clandestins de nationalité étrangère dont une femme ont été interpellés. Leur équipement utilisé comprenait : 8 pelleteuses, 4 tricycles, 1 véhicule pick-up double cabine,  4 Motopompes  et 2 Groupes électrogène, tous saisis. Comme toujours dans le respect de la loi, les personnes interpellées et les équipements ont été mis à la disposition de la justice.

A ce jour selon le ministère des mines, plus d’une centaine d’orpailleurs illégaux, principalement des étrangers, ont été arrêtés sur les zones minières. Aussi des dizaines d’engins roulant et équipements divers dont des pelleteuses ont été saisis et mis à la disposition de la justice par la brigade conduite par le Haut fonctionnaire de Défense du Ministère des Mines, de l’Energie et de l’Eau.

Convaincu que cette croisade ne peut aboutir que dans le cadre d’une synergie d’action, les ministres se sont rendus ainsi sur plusieurs sites d’exploitation clandestine de l’or récemment.

La désormais croisade contre l’orpaillage clandestin dénommée  opération “Falémé dambé, Mali Sanou ko dambé” en référence à la zone de la Falémé sur le fleuve Sénégal touchée par le fléau, se poursuivra pour mettre fin au calvaire que vivent les populations.  Rien ne sera plus comme avant grâce à l’accompagnement des populations victimes. Déjà une importante quantité d’engins lourds appartenant aux mineurs clandestins a été saisie. De même, les forces de l’ordre ont été déployées sur les sites concernés pour traquer les auteurs de ces pratiques.

Comment et pourquoi, ces opérateurs cyniques parviennent à s’installer et exploiter les ressources de notre sous-sol sous le regard complice de certaines autorités ?

Qui sont leurs complices au sein de l’administration publique ? Nous vous reviendrons dans nos prochaines éditions.

A suivre…

Albadia Dicko

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