MEDIASPOLITIQUE

Voyage : Quinze personnalités privées du passeport diplomatique

Le gouvernement de transition a pris la décision de supprimer le passeport diplomatique pour 15 personnalités politiques et civiles du pays. Si aucune raison n’a été donnée pour cette suppression de la facilité de voyager pour ces Maliens, certaines particularités méritent réflexion. En effet, parmi les personnalités ciblées, certaines sont engagées dans une croisade contre des réformes importantes aux yeux des Maliens. Ce qui ne passe plus sur le plan politique au Mali, c’est vouloir mettre des bâtons dans les roues de la transition au motif que la liberté d’expression est un droit.

Un des constats est que plusieurs ministres de l’équipe gouvernementale de l’ancien Premier ministre Moctar Ouane sont sur la liste des personnalités visées. On peut citer par exemple Mohamed Salia Touré, ancien ministre de l’Emploi, Kadiatou Konaré, ancienne ministre de la Culture, et Dionkè Diarra, ancien ministre de l’Urbanisme. A priori, ces personnalités et bien d’autres n’ont pas de problème avec le gouvernement actuel. Certains estiment que ce sont des victimes collatérales d’une mission de salubrité publique visant à retirer le passeport diplomatique à des trouble-fête.

Il y a aussi dans le lot des personnalités ayant appartenu au régime déchu de Ibrahim Boubacar Keïta. L’ancien ministre de l’Education nationale, Housseni Amion Guindo est aussi dans le groupe des personnalités privées du passeport diplomatique. Mais selon des proches de Poulo, le passeport diplomatique en question était sur le point d’expirer dans quelques mois. Président du parti CODEM, Housseni et la transition ne sont pas toujours sur la même longueur d’ondes sur certaines questions politiques, notamment les réformes politiques envisagées.

Ce qui est sûr, Issa Kaou Djim qui fait partie des personnalités ciblées devrait comprendre que le passeport diplomatique ne saurait lui permettre de parcourir les pays pour narguer les autorités. Il est de notoriété publique que Kaou Djim est devenu un avocat de la cause de la France “marconnienne”, allant jusqu’à déclarer publiquement que les réformes auxquelles tiennent les Maliens ne doivent pas passer. On comprend que le but de l’ancien vice-président du Conseil national de transition (CNT) n’est pas de travailler pour le Mali et les Maliens.

La preuve de l’engagement de Kaou Djim pour la France est de dire publiquement que l’officialisation des langues nationales ne doit pas être actée. Tout le monde sait que la demande d’officialiser les langues nationales vient des Maliens et non des autorités qui ont versé par terre la sauce de Kaou Djim. Le souci donc de l’ancien porte-parole de l’imam Dicko est de combattre toute réforme qui constitue un désaveu de l’ex-puissance coloniale au Mali. Kaou Djim lui-même sait que personne ne le suivra sur le chemin du déni des valeurs culturelles et sociales du pays.

Soumaïla Diarra

Source : LE PAYS

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.