Pour avoir réussi son forcing en organisant les examens de fin d’année, le Gouvernement malien s’auto-félicite. Alors que la Synergie des syndicats des enseignants signataires du 15 octobre 2016 affûte ses armes pour son ultime combat afin de faire aboutir sa revendication : à savoir l’application stricte et complète de l’article 39. L’objectif du Gouvernement était-il la simple tenue des examens de l’année scolaire 2020-2021 ? Si tel n’est pas le cas, il devra alors faire cesser sa politique d’autruche.
La fin d’une année scolaire est certainement le début d’une autre. Cette assertion étant une réalité, le démarrage de la nouvelle année scolaire qui se profile à l’horizon sera, sans nul doute, aussi problématique que la précédente. Laquelle, en dépit de la tenue des examens dans des conditions non idoines au niveau fondamental et secondaire, n’est pas encore close. Tant les propositions de passage des élèves en classe supérieure ainsi que les notes devant servir à la proclamation des résultats des examens tenus sont toutes prises en otage par les enseignants grévistes de la Synergie. Dans ces conditions, peut-on amorcer une nouvelle année scolaire pendant que la précédente est hypothéquée ? Difficile !
Alors le Gouvernement doit vivement abandonner la pratique de la politique de l’autruche pour la résolution harmonieuse et pérenne de la crise scolaire. Car, une chose est certaine, en s’obstinant à vouloir faire organiser, corriger les examens et les faire proclamer en l’absence des enseignants grévistes de la Synergie, il va rouler inéluctablement sur des œufs. Cela ne contribuera pas à rehausser la qualité du cursus scolaire malien qui est déjà en deçà de celle de la plupart des pays de la sous-région. Il faut donc que tous les acteurs du cadre éducatif, c’est-à-dire la Synergie et le Gouvernement, mettent la balle à terre. Qu’ils reviennent aux négociations sous la diligence notamment des parents d’élèves afin de sauver l’école malienne.
Cela est d’autant nécessaire que dans la résolution de la crise scolaire de notre pays, il faut que le Gouvernement abandonne sa politique de l’autruche. Elle ne peut être la panacée. Pour la simple raison que la question de l’école malienne a urgemment besoin d’être bien repensée. C’est une question fondamentale à résoudre à partir du moment où l’école est et demeure le principal socle du développement d’un pays. Le Gouvernement doit donc œuvrer urgemment pour permettre la production de ressources humaines compétentes au Mali afin que son développement soit possible.
Falaye Keïta
