C’est ce qui vient de se passer au CICB quand celui-ci rencontrait les légitimités traditionnelles. Prenant la parole, le chef de village dit- il de Mopti, dit « qu’il y a la sécurité dans toute la région de Mopti et tout va bien ».
D’abord dans un pays de droit, nous pensons que le mensonge est un délit, si cette personne donne délibérément de fausses informations à une administration, de surcroit devant le chef de l’exécutif, dans le but d’obtenir des avantages. Et cela est flagrant !
Aussi, dans la société malienne, on ne ment pas quand on est d’un certain âge, ou de surcroit quand on est une légitimité. Le Premier ministre, Choguel Kokalla Maiga, l’a rappelé quelque part, en disant, je cite « les populations ne peuvent pas se lasser de vous les légitimités ». J’ai envie d’ajouter à cela, mais pas à ceux qui mentent.
Le Premier ministre, à ce que je sache est suffisamment au parfum de la situation pour savoir que ce dernier en face de lui n’est pas digne de confiance. J’ai honte !
Dans ce post, je n’ai pas envie de vous surcharger d’informations sur la région de Mopti, vous le savez puisque vous le vivez au quotidien. Hier seulement au moment où cet individu parlait de sécurité devant le PM, une cinquantaine de maliens dans des cars ont été intercepté sur la RN 15 et jusqu’ici aucune nouvelle.
Sortie ratée du chef de village au moment le plus sombre de l’histoire de Mopti
Ils étaient nombreux, les chefs traditionnels venus des 19 régions du pays à répondre, vendredi 12 novembre, à l’invitation du Premier ministre Choguel Kokalla Maïga. Conformément à l’objectif recherché, la rencontre a permis au chef de l’Exécutif de la transition de discuter avec ses invités sur les enjeux et les défis de la transition. Une démarche très appréciée à la fois par l’opinion publique nationale. Car pour beaucoup, c’est l’une des rares fois de voir l’Etat s’intéresser de plus près aux légitimités traditionnelles.
Si le but de la rencontre qui était d’avoir le soutien des forces vives et plus précisément les légitimités traditionnelles dans la conduite de la transition a été atteint, force est de reconnaître que l’intervention du représentant de la région de Mopti a failli gâter la fête.
Même s’il a été applaudi aussi dans la salle, force est de reconnaître qu’il a provoqué l’indignation générale lorsqu’il a affirmé qu’il y a la sécurité à Mopti et que cette région se porte très bien. Une déclaration qui est très loin de la réalité sur le terrain car, s’il y a une région qui souffre de plus du fait de l’insécurité, c’est bien la région de Mopti, avec des morts au quotidien. C’est pourquoi il a été vivement critiqué sur les réseaux sociaux pour avoir nié cette évidence qui est connue de tous.
Le vieux Touré sous la menace de Toloba
Le Chef d’état-major de Dana Amassagou, l’a ouvertement menacé, il serait mieux pour lui de rester à Bamako. Sinon, dès qu’il met pied à Mopti, ils iront le prendre. Selon lui, il n’est pas un représentant digne de la région de Mopti pour avoir nié les vraies réalités de la région auprès des autorités.
« Il va comprendre que tout ne va pas bien lorsqu’on ira tuer quelqu’un chez lui à Mopti.», s’est indigné Youssouf Toloba, dans une vidéo publiée et largement partagée sur Facebook.
Au même moment où cette rencontre se tenait entre le Premier ministre de la transition, la population de Bandiagara était dans la rue pour dénoncer l’insécurité grandissante qui coupe le sommeil à toute la population de Mopti.
Face à cette colère généralisée, l’intéressé, par l’intermédiaire de tierce personne et des médias, a présenté des excuses publiques à sa population et à l’ensemble de la population malienne.
« Chers parents mopticiens, après ma déclaration d’hier, beaucoup de mes concitoyens se sont sentis frustrés et peinés. J’ai été peut-être mal compris dans ma démarche ; je ne pourrai jamais ignorer ou minimiser la souffrance des populations de la région, pour lesquelles je me bats nuit et jour dans la recherche des solutions à la crise. Mopti a plus que jamais besoin de la réussite de la transition, laquelle nous soutenons pour le retour de la sécurité et le vivre ensemble. J’exhorte chaque mopticien et mopticienne à œuvrer dans ce sens pour relever les défis dans l’unité et la fraternité. Mes sincères excuses et regrets à toutes les populations de la région pour ce désagrément qui n’est nullement pas mon intention. Vive la réussite de la transition, vive la paix et vive la sécurité », s’est excusé Elhaj Baba Touré, chef de village de Mopti et président de la Coordination des chefs de quartiers de Mopti.
A titre de précision, en plus de celles de Badiangara, les populations du cercle de Djenné, dans la même région de Mopti, sont sorties également pour réclamer la libération du village de Marebougou du blocus des terroristes. Ils ont bloqué le passage du carrefour de Djenné. Ce village vit sous la terreur des groupes terroristes depuis des mois.
La zone fait régulièrement l’objet de combats intenses entre dozos et djihadistes. C’est dans le but de lever ce blocus sur Marebougou que des dozos ont mené une offensive le 20 octobre 2021.
Malheureusement pour eux, les terroristes avaient l’avantage du terrain, avec des armements très sophistiqués. Selon nos informations, les terroristes ont utilisé des armes lourdes et même des armes chimiques. C’est pourquoi les combats se sont soldés par une grande défaite des dozos qui ont perdu plusieurs hommes valides. Et le village est toujours sous contrôle des terroristes qui ont coupé toutes les voies d’accès menant à ce village, mettant ainsi les populations dans une situation humanitaire très difficile.
