Dans le cadre de la mise en place des mesures pour alléger le poids des sanctions de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) et de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), le ministre du développement rural, Modibo Keita, a eu une rencontre à huit clos avec les acteurs de la chaîne d’approvisionnement en produits de première nécessité du Mali, le lundi 17 janvier dernier. L’objectif était d’assurer l’approvisionnement correct du pays en denrées de première nécessité.
En cette période d’embargo, les démarches se multiplient pour pouvoir évite la souffrance du peuple. Pour ce faire, le ministre du Développement rural a tenu une rencontre avec les acteurs du monde de commerce .Ainsi, les échanges tenus ce 17 janvier ont porté sur la hausse des prix du sucre, sur le marché national. Le ministre Keïta a, après les échanges, indiqué que les importateurs, les demi-grossistes et les détaillants sont prêts à accompagner l’État. À ses dires, ces acteurs pourraient éventuellement rencontrer des difficultés réelles, pour la concrétisation de leur volonté d’accompagner les autorités. Lors desdits échanges, il a été constaté que l’offre de sucre est insuffisante. Selon le ministre Keïta, le Mali dispose de deux unités de fabrication de sucre. Lesquelles représentent 25% de la consommation. Ainsi, les 75% sont importés de l’extérieur.
A l’entendre, des subventions allouées par l’État pour assurer l’approvisionnement du pays ne sont pas toujours disponibles sur le marché. La production des unités industrielles locales, censée arriver sur le marché pour combler le déficit, n’est toujours pas disponible à cause de la réticence des industries, indique-t-on. Ce qui fait que certains acteurs veulent, à tout prix, déjà imposer leur prix, en dépit des efforts du Gouvernement. Chose que le ministère refuse. En tant que premier responsable du département, Modibo Keita appelle les Maliens à un geste patriotique ce, afin de faire face à des industries étrangères refusant de céder de leur côté.
« Le sucre national est moins cher que le sucre importé, parce que l’État a accordé des avantages aux unités industrielles locales. Mais ces dernières exigent à ce que le prix de leur sucre soit aligné sur celui du sucre importé », a souligné le chef du département. Le ministre estime qu’il est difficile de comprendre que le sucre local ne soit pas de bonne qualité par rapport au sucre importé, alors que l’État a toujours mis la pression sur les importateurs locaux, pour qu’il y ait achat de la production locale. Mais aujourd’hui, indique-t-il, la situation s’est inversée. C’est normal que ces unités renvoient l’encenseur, a ajouté le ministre Keïta.
Par la même occasion, il trouve que le Mali dispose de 52 jours de consommation. Ce qui montre que la quantité qui existe n’est pas suffisante. Pour sa part, le président du syndicat national des commerçants détaillants du Mali (SYNACODEM), l’occurrence M. Sacko a, pour sa part, également exprimé certaines préoccupations. « Dès que le sucre subventionné sera disponible sur le marché, le kilo sera vendu à 500 Fcfa. Et c’est pour bientôt », a-t-il rassuré.
Aida Beïdy Soumaré
