Nommé à la tête du Gouvernement par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, le 7 juin dernier, le premier ministre Choguel Kokalla Maïga travaille à bras le corps pour la refondation du Mali tant réclamée par les citoyens. Malgré les défis qui sont encore énormes, plusieurs chantiers sont en cours, surtout concernant les réformes politiques et institutionnelles.
Technocrate, homme politique d’expérience, homme de rigueur, celui dont la constance lui a permis d’arriver là où il est aujourd’hui, le premier ministre Choguel Kokalla Maïga, depuis sa prise de fonction, donne au Mali une autre image. Celui d’un pays souverain et respectable, un pays dont la ferme volonté est la refondation ! Rien de surprenant, car nombreux étaient des Maliens qui s’attendaient à de tel espoir depuis la nomination de celui qui a dirigé le mouvement ayant contribué au renversement du régime de Ibrahim Boubacar Keïta.
Parcours exceptionnel d’un vétéran politique
Né en 1958 à Tabango dans le cercle d’Ansongo, Chouaïbou Issoufi Souleymane connus sous le nom de Choguel Kokalla Maiga, est docteur et ingénieur en télécommunications, diplômé de l’Institut des Télécommunications de Moscou. En effet, après ses études fondamentales de 1963 à 1974, à Tabango et de Bara dans le cercle d’Ansongo, l’actuel premier ministre du Mali est entré au Lycée Technique de Bamako en 1974 et y est sorti major de sa promotion en série ‘‘Mathématiques Techniques et Industrielles’’(MTI) en 1977 avec un baccalauréat technique. En 1988, il sort ingénieur des télécommunications avec mention ‘’Excellent ‘’ et les félicitations du jury de l’Université d’État de Biélorussie (en ex-URSS) et l’Institut des Télécommunications de Moscou, puis avec brio une thèse de Doctorat d’État en télécommunications.
A son arrivée au pays, il a d’abord servi à la Société des Télécommunications du Mali (SOTELMA). Il a également occupé des postes ministériels sous les présidents ATT et IBK.
En février 2008, il a été nommé Directeur Général de l’Autorité Malienne de Régulation des Télécommunications/TIC et Postes (AMRTP). Poste qu’il a occupé jusqu’à sa nomination comme ministre de l’Économie numérique et de la Communication sous IBK. A la tête de l’AMRTP, le docteur en télécommunication a travaillé à insuffler une forte vitalité au secteur des télécommunications et des TIC, faisant du marché malien l’un des plus dynamiques en Afrique et dans le monde.
En février 1997, il devient président du Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR).
En 2002, il s’est présenté à l’élection présidentielle lors de laquelle il a obtenu 2,73 % des voix au premier tour avant de soutenir au second tour Amadou Toumani Touré. En vue des élections législatives de 2002, il s’est allié au Rassemblement pour le Mali (RPM) d’Ibrahim Boubacar Keïta et au Congrès national d’initiative démocratique (CNID) dans la coalition Espoir 2002. Choguel Kokalla Maïga a été ministre de l’Industrie et du Commerce dans les gouvernements d’Ahmed Mohamed ag Hamani du 16 octobre 2002 au 28 avril 2004 et d’Ousmane Issoufi Maïga du 2 mai 2004 au 27 septembre 2007. Pour l’élection présidentielle malienne de 2007, Choguel Kokalla Maïga a soutenu la candidature du président sortant Amadou Toumani Touré.
Après le 1er tour de l’élection présidentielle de 2018, Dr Choguel Kokalla Maïga a soutenu Soumaïla Cissé au second tour et a également animé le Front pour la sauvegarde de la démocratie qu’il dirige jusqu’à nos jours. Il était la tête de proue dans les contestations contre le régime IBK. Il était en tête du comité stratégique du mouvement hétéroclite, M5-RFP.
Choguel Kokalla Maïga ou une constance politique
Même s’il était présent sur la scène politique depuis l’avènement de la démocratie, Dr Choguel Kokalla Maïga a été connu par bon nombre de Maliens durant la lutte du M5-RFP.
Sa constance, son courage, son patriotisme, sa combativité, son intelligence…ont séduit des millions de Maliens, pour la majorité, qui ne le connaissaient pas ou qui ignoraient toutes ces qualités en lui. Sa nomination à la primature a donné du sourire à de millions de Maliens.
Dans son combat politique, l’actuel premier ministre s’est toujours battu pour un État démocratique, républicain, où règne la justice sociale. Sa nomination comme premier ministre a donné l’espoir pour la sécurité, la justice, la lutte contre la corruption, l’unité nationale, l’intégrité du territoire national, l’éducation, la refondation réelle de l’État, les réformes politiques et institutionnelles permettant l’organisation d’élections libres et transparentes. Ses qualités sont chantées par des intellectuels. « Je me suis rendu compte que cet homme est d’une grande intelligence, d’un courage physique et d’une endurance exceptionnelle, un vrai patriote, d’une capacité de discernement sans pareil dans la classe politique malienne, d’une grande tolérance et patience, et surtout un érudit, un visionnaire et un grand connaisseur de l’histoire politique du monde et du Mali. J’ai compris que cet homme était en avance sur ses adversaires, il est en avance sur son temps. C’est l’homme qu’il faut pour redresser le Mali. C’est pourquoi beaucoup d’hommes politiques lui font la guerre (souvent par procuration), et s’acharnent à mort contre lui », a écrit Youssouf Sory Keïta dit Bagny dans un article de presse.
Les réformes politiques et institutionnelles
Dès son arrivée à la primature, Dr Choguel Kokalla Maïga a envisagé plusieurs réformes politiques et institutionnelles. Elles concernent tous les fondements de notre société et tous les secteurs : armée, école, santé, foncier, gouvernance, lutte contre la corruption et l’impunité, etc. Leur finalité est de repositionner le Mali sur une dynamique vertueuse, à travers des institutions fortes et légitimes à même d’assurer sa stabilité durable. En tant que politique, le premier ministre tient aux réformes politiques et institutionnelles comme les prunelles des yeux.
Ainsi pour la réussite de ces réformes et pour plus d’inclusivité dans le processus, le premier ministre a organisé des rencontres d’échanges autour des grandes questions avec l’ensemble de la classe politique, de la société civile et de toutes les forces vives de la nation, y compris les minorités religieuses, les confréries traditionnelles, les chefferies traditionnelles, les personnes handicapées, les chambres des métiers et les chambres consulaires, les organisations des femmes et des jeunes, les syndicats, bref l’ensemble des segments de la société malienne.
Les Assisses nationales de la refondation, un grand rêve du premier ministre réalisé
Dans la quête d’un Mali nouveau, le premier ministre s’est fixé la tenue des Assises nationales de la refondation (Anr) visant à faire un diagnostic sans complaisance de l’état de la nation, à partir de la gravité et de la profondeur de la crise multidimensionnelle, des enjeux, défis et périls. Il ne s’agit pas d’un forum institutionnel comme ce fut très souvent le cas dans notre pays. Il a souhaité que les recommandations et conclusions des différentes rencontres tenues antérieurement (foras, états généraux, Conférence d’entente nationale, Dialogue national inclusif, Concertations nationales…) constituent la première matière des assises. Ces assises ont été tenues en décembre dernier avec une participation massive des Maliens.
Des efforts pour l’organisation des élections générales crédibles et transparentes
Le Premier ministre a pris, depuis sa nomination, des dispositions pour élargir la base électorale de notre système politique. Pour ce faire, il a procédé à des opérations spéciales d’enrôlement qui ont abouti à l’intégration dans le fichier électoral de 760 000 électeurs. Des opérations d’enrôlement des Maliens établis à l’extérieur sont en cours dans les pays à forte présence de la communauté malienne. Après l’Intégration des données de l’opération spéciale d’enrôlement des Maliens de l’extérieur ainsi que le traitement de leurs données prévues entre septembre et octobre 2021, les révisions des listes électorales se tiendront d’octobre à décembre 2021.
L’un des chantiers importants dans les réformes politiques et institutionnelles est la création de l’organe unique de gestion des élections. Pour le chef du gouvernement, la création de cet organe permettra l’organisation d’élections crédibles et transparentes au Mali.
Boureima Guindo
