La lutte contre la corruption semble être le véritable souci des magistrats en charge du Pôle économique et financier de la cité des rails. La greffière en chef s’est fait écrouer, la semaine dernière, pour des faits qualifiés d’« atteinte aux biens publics » et « détournement de biens sous-scellés ».
La nouvelle de mise aux arrêts de la greffière en chef de la cour d’Appel de Kayes ne cesse d’être répandue partout dans le pays. Les juges ayant l’habitude de coffrer des citoyens fautifs s’intéressent, cette fois-ci, à un cas extraordinaire. Il s’agit d’un des personnels travaillant au sein de la juridiction. Comme précise-t-on dans un dicton africain : à l’impossible nul n’est tenu. Cette arrestation dont parle tout le monde correspond exactement aux idéaux de ce proverbe. « Dans le cadre de la lutte contre la corruption, la greffière en chef de la cour d’Appel de Kayes a été inculpée par le juge d’instruction du 3ème cabinet du Pôle économique et financier », apprend-on d’une source digne des fois. La présumée coupable des faits a été mise aux arrêts en raison des faits juridiquement qualifiés « d’atteinte aux biens publics et détournement des biens sous-scellés ». Partant de la même source, tout est partie de l’histoire de disparition d’une forte somme d’argent qu’une personne (un homme) en détention avait payée à la justice. L’argent estimé à 50 millions de nos francs avait été payé par ladite personne en guise de caution. Cela, pour sa mise en liberté provisoire. Cet argent avait été versé dans le compte de la justice. C’est cette même personne en détention qui a été récemment jugée. Le verdict rendu par la justice blanchit l’intéressé (homme en question). Le jugement montre qu’il n’est pas coupable des faits à lui reprochés. Comme il a été jugé non-coupable, ce dernier a saisi la justice et demandé la restitution de ses 50 millions versés comme caution. C’est ce montant qui a disparu. L’homme (personne qui était en détention) et son avocat ont alors porté plainte. Le personnel cité dans la disparition de ce montant est la greffière en chef de la cour d’Appel. En attendant la restitution des 50 millions volatilisés, la greffière en chef a été mise sous mandat de dépôt. Pour l’instant, apprend-t-on, aucun autre membre n’est cité dans l’affaire. Mais une information judiciaire demeure néanmoins ouverte afin de mettre toute la lumière sur ce dossier. La greffière dont nous tairons le nom a été, en date du jeudi 9 mars dernier, placée sous mandat de dépôt par le juge en charge de cette fameuse affaire. Est-elle réellement seule dans cette affaire ? A-t-elle pris cet argent pour quelle fin ? En tout état de cause, l’histoire de blanchiment d’un détenu se termine, peut-on le dire, par un désastre pour la greffière pointée du doigt.
Mamadou Diarra
Source : LE PAYS
