La décision de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF) de ne pas interjeter appel des sanctions prononcées par le Jury Disciplinaire de la Confédération Africaine de Football (CAF) marque un choix stratégique. En renonçant aux voies de recours, l’instance sénégalaise privilégie une posture institutionnelle qui vise à préserver son image et à éviter un conflit prolongé avec la CAF. Ce geste traduit une volonté de montrer sa maturité dans la gestion des affaires disciplinaires et de renforcer sa crédibilité.
Sur le plan sportif, l’impact est immédiat puisque les sanctions concernent directement le sélectionneur national, Pape Bouna Thiaw, ainsi que deux joueurs clés, Ismaïla Sarr et Iliman Cheikh Baroy Ndiaye. Ces personnalités occupent une place centrale dans le dispositif technique et offensif du Sénégal. En acceptant ces mesures sans contestation, la FSF envoie un signal fort : l’institution place la discipline et le respect des règles au-dessus des intérêts individuels, même si cette décision peut fragiliser temporairement la performance de l’équipe nationale.
L’aspect financier est également crucial. En application de l’article 91.4 du Code disciplinaire de la CAF, la FSF a confirmé qu’elle assumera l’entière responsabilité des amendes infligées. Cette prise en charge démontre une volonté de transparence et de responsabilité. Elle permet à la Fédération de se positionner comme un acteur crédible, capable de gérer ses obligations sans chercher à se défausser. Toutefois, cette charge financière pourrait peser sur ses ressources et limiter ses marges de manœuvre à court terme, notamment dans le financement des programmes de développement du football local.
Sur le plan institutionnel, la FSF insiste sur sa fidélité à une ligne de conduite fondée sur la défense des droits et des intérêts légitimes du football sénégalais. Mais elle précise que cette défense s’inscrit dans le strict respect des obligations statutaires. Ce double discours, fermeté dans la défense des intérêts et respect des règles, illustre une stratégie d’équilibre. La Fédération cherche à maintenir son influence dans les instances dirigeantes tout en évitant d’être perçue comme une organisation contestataire, ce qui pourrait renforcer sa crédibilité auprès de la CAF et des autres fédérations africaines.
Ce communiqué révèle également une dimension diplomatique. En renonçant à l’appel, la FSF évite un bras de fer juridique qui aurait pu ternir ses relations avec la CAF. Elle choisit de s’inscrire dans une logique de coopération et de respect des règlements. Cette attitude pourrait renforcer sa crédibilité auprès des autres fédérations africaines et consolider son rôle dans la promotion de l’intégrité du jeu et du rayonnement du football continental. Dans un contexte où les instances sportives cherchent à harmoniser leurs pratiques, le Sénégal se positionne comme un acteur responsable et respectueux.
Cette décision peut aussi être interprétée comme une stratégie de communication. En assumant publiquement les sanctions, la FSF cherche à rassurer ses partenaires, ses supporters et l’opinion publique nationale. Elle montre qu’elle est capable de gérer les crises avec maturité et transparence. Ce choix contribue à préserver l’image du football sénégalais sur la scène internationale. Il traduit une volonté de tourner rapidement la page et de se concentrer sur les défis futurs, plutôt que de s’enliser dans une bataille juridique incertaine.
Enfin, cette posture s’inscrit dans une logique de continuité institutionnelle. La FSF réaffirme son engagement à défendre ses droits dans les instances dirigeantes, mais toujours dans le respect des règles établies. En mettant en avant l’intégrité du jeu et la promotion des règlements de la CAF, elle se positionne comme un acteur responsable du football africain. Ce choix, loin d’être une résignation, traduit une volonté de consolider la place du Sénégal dans le concert des nations sportives africaines, en assumant discipline et responsabilité institutionnelle.
Ibrahim Kalifa Djitteye
