Après plus de trente ans d’engagement et de combat en faveur d’unité et d’union africaine, l’artiste-musicien ivoirien, Doumbia Moussa Fakoly alias Tiken Jah, a décidé de se désolidariser de la trajectoire politique du Niger, du Mali et du Burkina Faso, exprimant son souhait le plus ardent de tenir des élections au sein des trois États membres de la Confédération des États du Sahel pour la fin de la transition.
Alors qu’il faisait partie de ceux qui ont appelé à soutenir, Tiken Jah, un des artistes africains réputés pour le panafricanisme, s’est dissocié de la trajectoire politique, adoptée par les chefs d’État du Mali, du Niger et du Burkina Faso. « J’aurais préféré que tous les pays ouest-africains restent ensemble. Les trois pays qui constituent aujourd’hui l’AES se disent unis, mais ils ont trois présidents, trois gouvernements. On a l’impression que c’est être uni pour éviter d’aller aux élections », a estimé l’artiste. C’était à travers une vidéo issue d’une interview qui a immédiatement circulé sur les réseaux sociaux, entrainant de vives réactions et polémiques. Visiblement apprécié par des opposants du Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition du Mali, en passant par ceux du Capitaine Ibrahim Traoré du Burkina Faso et du Général d’Armée Abdouramane Tiani du Niger, le message porté à cette occasion reste incompris chez ces nombreux soutiens des transitions. À travers cette interview accordée à DW Afrique, un média international, Doumbia Moussa Fakoly s’est attelé à l’organisation des élections présidentielles au sein des trois pays. Bon nombre de citoyens AES ne sont, de nos jours, nullement d’accord avec cette idée. Et l’artiste de soutenir, « mon espoir est que les gars de l’AES aillent et gagnent les élections. Ils peuvent comme ça parler avec tout le monde. Aujourd’hui, qu’on veuille ou pas, le Mali est divisé : on dit qu’il y a des bons maliens et des faux maliens. SI vous soutenez les militaires au pouvoir, vous êtes des bons maliens, si vous êtes contre eux, vous êtes considérés comme des apatrides ou de faux patriotes. Cela est pareil au Burkina Faso, de même qu’au Niger ».
Ces propos ont été tenus alors que Tiken Jah fait partie de ceux qui ont apporté leur soutien aux autorités dirigeantes des trois pays. « J’ai rendu visite au Président Ibrahim Traoré. J’ai fait des vidéos pour les soutenir parce que je pensais que ça allait être des pouvoirs de transition pour aller aux élections afin que la majorité des Maliens et Burkinabè choisissent. Je me suis battu plus de trente ans pour la légalité, la justice et le peuple. Il était temps pour moi d’arrêter mon soutien aux régimes », a martelé l’artiste. De nos jours, nombreux sont ces citoyens AES qui continuent de dénoncer cette sortie de l’artiste Tiken Jah. Certains mêmes estiment qu’il serait payé pour faire ce job à la place des États comme la France. D’un partisan à la posture d’opposant. Des questions se posent désormais à savoir : à quoi joue l’artiste ivoirien qui a passé plusieurs années sur le sol malien ?
Mamadou Diarra
