Le Président de la Maison de la Presse du Mali a pris la parole, jeudi 26 mars à Bamako, lors d’une assemblée générale consacrée à l’affaire du journaliste Youssouf Sissoko, dénonçant une condamnation jugée « inédite » et appelant à la clémence des autorités judiciaires.
Dans une intervention marquée par un ton ferme, le président de la Maison de la Presse a affirmé que l’organisation « restera libre dans sa stratégie » et n’accepterait aucune pression extérieure dans la gestion des dossiers touchant la profession. Il a insisté sur l’unité de la presse malienne, qu’il décrit comme « responsable, digne et engagée », en réponse à certaines critiques exprimées sur les réseaux sociaux.
Revenant sur les faits, il a rappelé que Youssouf Sissoko avait été interpellé le 5 février, avant d’être placé sous mandat de dépôt, tout en bénéficiant, selon lui, du soutien constant de ses confrères, tant sur le plan moral que financier. La Maison de la Presse indique également avoir maintenu un dialogue avec les autorités judiciaires, notamment le procureur et le ministre de la Justice.
Sur le fond, l’organisation a réitéré son opposition à certaines dispositions du Code de procédure pénale, qu’elle considère comme un « recul démocratique préoccupant », notamment dans leur application aux professionnels des médias.
La Maison de la Presse a par ailleurs exprimé des interrogations sur « l’incohérence » entre les déclarations de l’accusé et la stratégie de sa défense, tout en dénonçant l’« instrumentalisation » de l’affaire par certains acteurs extérieurs.
Concernant la décision de justice, elle estime que la peine infligée constitue un précédent « inacceptable » dans l’exercice du métier de journaliste au Mali. Elle a salué la décision de Youssouf Sissoko de faire appel et annoncé poursuivre son plaidoyer pour « un dénouement heureux ».
La Maison de la Presse a réaffirmé son attachement à la liberté de la presse, tout en appelant les professionnels des médias à davantage de responsabilité et de rigueur dans l’exercice de leur métier.
Kémoko Diabaté
