A la faveur d’une conférence de presse animée hier dimanche 19 avril 2026 à Paris, en France, la présidente du bureau nouvellement élu à la tête du Haut Conseil des Maliens de France (HCMF) et son staff, en l’occurrence Mme Dalla Dramé, ont tenu éclairer la lanterne de leurs compatriotes par rapport à la longue bataille judiciaire qui les a opposés au bureau sortant. C’était sous la présence de M. Karim Agaly Cissé, secrétaire général du nouveau bureau, accompagné des vices présidents.
Le ton a été donné par la nouvelle présidente du HCMF, Mme Dalla Dramé. A la suite de son intervention, des précisions ont été données sur l’affaire par M. Cissé, le tout nouveau secrétaire général. Ainsi, dans une déclaration livrée à la presse, le secrétaire Général du HCMF, M. Karim Agaly Cissé, a rappelé que le 30 juin 2024, l’ancien bureau sortant du HCMF, à travers M. Demba Diabira, avait convoqué toutes les associations maliennes en vue de procéder au renouvellement du Bureau dont le mandat était arrivé à terme. Ladite élection a été bien cadrée par le Bureau sortant car dès le départ, il a été précisé qu’il s’agissait d’un scrutin majoritaire à un seul tour. Aux dires de M. Cissé, il y’a eu 775 associations à jour de leur cotisation. Ainsi, 725 associations ont pu voter le jour du scrutin. Mme Dalla Drame est alors arrivée en tête avec 248 voix des associations contre 211 voix pour la deuxième, Fatoumata BOUNE. Au lendemain du scrutin, elle a reçu une lettre de félicitations de tous les candidats. Le 31 Aout 2024, une deuxième Assemblée Générale élective a eu lieu en vue d’élire les membres du Bureau. Ce qui a été fait en respectant les usages et les statuts du HCMF.
Des difficultés consécutives au scrutin
Dans sa prise de parole, le secrétaire général a indiqué que les problèmes ont commencé lorsque la Présidente élue a contacté la commission électorale afin d’effectuer la passation des services et de pouvoirs. Cette commission, présidée par M. Alassane Keïta, ne semblait pas se plier aux textes. C’est du moins ce qui est annoncé par ce responsable. D’après lui, la commission n’a pas voulu transférer les pouvoirs, encore moins le Haut Conseil des Maliens de France (HCMF). En lieu et place de cette passation, les conférenciers annoncent avoir eu échos de plusieurs argumentations, notamment la tenue d’un deuxième tour du scrutin. Il fallait également avoir une deuxième assemblée générale qui devrait être organisée par le bureau sortant. « C’est dans ce contexte qu’ils ont organisé de façon illégale et arbitraire une assemblée générale extraordinaire convoquée par le Président du Bureau sortant qui a démissionné le 30 juin et ont remis unilatéralement leur bureau en exercice avec une dizaine d’associations », a expliqué le secrétaire général.
Refus de la passation, cause des cotisations détournées
« C’est à partir du mois de décembre 2024 que nous avions compris qu’ils ne veulent absolument pas procéder à la passation des charges car les fonds cotisés par la communauté malienne ont été détournés, il s’agit de 72.680 Euros car les associations ont cotisé chacune entre 101 euros (nouvelles) et 85 euros (anciennes). Je parle ici de détournement car nous avons eu accès au compte bancaire du HCMF qui est crédité du montant de 16.380 Euros. Je vous demande honnêtement, où se trouve le reste de nos cotisations ? Seul Dieu le sait ! Il y’a 56.301 euros dans la nature ou sous les paillassons », a-t-il dénoncé.
Des procédures judiciaires engagées
Dans ce discours émanant du M. Cissé, il ressort que trois actions judiciaires ont pu être engagées dans cette affaire. La première a concerné l’incarcération de M. Demba au Mali, le président sortant. Le Haut Conseil des Maliens de France, étant un démembrement du Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur, est reconnue d’utilité publique au Mali, ce qui, a clarifié le conférencier, « voudrait dire que nous bénéficions d’un financement public et que les fonds que nous gérons concernent aussi la République. C’est dans cet esprit que nous avons saisi le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de la Commune IV du District de Bamako ». Selon lui, la justice malienne a joué pleinement son rôle et a mis sous mandat de dépôt cet ancien Président Demba Diabira, pour « usurpation de titre et détournements de fonds ». Après des interventions et à travers des considérations humanitaires, le responsable a bénéficié d’une liberté conditionnelle. Ainsi, M. Demba a été libéré après avoir pris des engagements dont il n’a toujours pas honoré. Dans cette affaire, la deuxième procédure évoquée concerne une assignation devant le Tribunal de Grande Instance de la Commune VI du District de Bamako. « En commune VI, les usurpateurs nous ont assigné et demandé au juge d’annuler la lettre de reconnaissance délivrée par Monsieur Habib SYLLA qui nous a été adressée pour valider notre Bureau au niveau national pour un mandat de cinq (5) ans. Une deuxième victoire pour le Bureau légal et légitime présidé par Mme Dalla Dramé car le juge a rejeté leur requête pour défaut de qualité », se réjouissent les conférenciers, mettant également un accent sur l’assignation en référé devant le Tribunal Judiciaire de Bobigny. Depuis le début de la contestation, ont-ils fait savoir, « les usurpateurs ont toujours défendu l’idée comme quoi, l’élection serait annulée si on laisse le juge des référés statuer sur notre affaire, mais hélas ! la décision du tribunal judiciaire de Bobigny est sans appel. Le juge ne s’est pas prononcé à la légère. Il a examiné plusieurs pièces essentielles : statuts du HCMF, le règlement intérieur, la convocation de l’AG Elective pour l’élection du Président, le PV du 30 Juin 2024, le PV du 31 Aout 2024, et le constat d’huissier. Le juge s’est basé sur des éléments probants pour statuer sur la demande des requérants ». Il a précisé et souligné l’’absence d’irrégularité, ont déclaré ces conférenciers, maintenant que le juge a annoncé ceci, « aucune violation évidente des statuts ou du règlement intérieur n’a été établie. ». Pour les conférenciers, la partie adverse n’a pas apporté la preuve d’une irrégularité suffisamment caractérisée pour justifier l’intervention du juge, sur la notion de trouble manifestement illicite incontestable. Et d’ajouter, « la décision est le résultat d’un débat équitable et respecte pleinement les garanties procédurales. Le juge des référés a procédé à une analyse complète des pièces produites, incluant les statuts, les convocations et le constat d’huissier. Il a logiquement constaté l’absence de toute violation manifeste des règles applicables. Dès lors, aucune situation de trouble manifestement illicite ne pouvait être retenue, ce qui exclut par principe le recours au référé. Cette décision constitue donc une application stricte et cohérente du droit ».
Mamadou Diarra
