La Conférence Women Deliver 2026 (WD2026) s’est ouverte le 27 avril 2026 à Narrm (Melbourne), en Australie, sur fond d’appels internationaux à renforcer la responsabilité des États et à redonner davantage de pouvoir aux mouvements féministes et à la société civile dans la lutte pour l’égalité des genres.
Réunissant des dirigeants politiques, des activistes, des journalistes, des bailleurs de fonds et des jeunes venus du monde entier, la Conférence Women Deliver 2026 a placé au centre des débats la nécessité de repenser les mécanismes mondiaux de promotion des droits des femmes et des filles.
Organisée pour la première fois dans la région du Pacifique océanien, cette édition s’est tenue dans un contexte marqué par la montée des conflits, le recul des espaces civiques, les pressions croissantes sur les droits des femmes ainsi que les interrogations sur l’efficacité des systèmes actuels de gouvernance mondiale.
Placée sous le thème « Change Calls Us Here » (« Le changement nous appelle ici »), la conférence a mis l’accent sur le leadership local, la responsabilité publique et la solidarité internationale. L’événement s’est également appuyé sur l’implication des communautés des Premières Nations et des organisations féministes du Pacifique océanien.
Au cœur des discussions figurait la future Déclaration de Melbourne pour l’égalité des genres, présentée comme un engagement politique commun visant à renforcer les obligations des États en matière de droits humains et à soutenir davantage les mouvements féministes locaux.
La Directrice Générale de Women Deliver, Maliha Khan, a estimé que le système ayant permis certaines avancées en matière d’égalité des genres avait aussi créé une forte dépendance envers les bailleurs internationaux. Selon elle, cette situation avait affaibli la capacité des populations à demander des comptes à leurs gouvernements.
« Une grande partie de l’écosystème de l’égalité des genres a perdu sa force politique, guidée par les priorités des bailleurs et maintenant le pouvoir entre les mains des anciennes puissances coloniales », a-t-elle déclaré devant les participants.
Malgré les défis, Maliha Khan a appelé à transformer cette période de crise en opportunité pour reconstruire un système fondé sur les droits humains, la solidarité et le leadership des personnes directement touchées par les injustices.
De son côté, la ministre des Femmes et des Filles de l’État de Victoria, Gabrielle Williams, a souligné que les progrès en faveur des femmes et des filles ne pouvaient être considérés comme acquis et qu’ils devaient être continuellement défendus et protégés.
Noelene Nabulivou, directrice exécutive de DIVA for Equality aux Fidji et coprésidente du comité régional de pilotage de WD2026, a insisté sur l’importance symbolique et politique de la tenue de la conférence dans le Pacifique océanien. Elle a affirmé que la Déclaration de Melbourne représentait autant un appel régional qu’un engagement mondial en faveur d’une meilleure redistribution du pouvoir et des ressources.
La Déclaration de Melbourne devait être officiellement lancée à la clôture de la conférence, avec l’ambition de renforcer la responsabilité des États, de soutenir les mouvements féministes et de favoriser des changements portés localement.
Durant quatre jours (27 au 30 avril), les participants ont également échangé autour de plusieurs enjeux majeurs, notamment l’autonomie corporelle, les violences basées sur le genre, la justice climatique, les droits numériques, le financement des mouvements féministes, le leadership des adolescentes ainsi que les questions liées aux conflits et à la responsabilité publique.
Tioumbè Adeline Tolofoudié
