Depuis plusieurs mois, trouver du carburant à Ségou relève souvent du parcours du combattant. Longues files d’attente, stations prises d’assaut, développement du marché parallèle et difficultés de déplacement rythment le quotidien des habitants. Face à cette situation qui perdure depuis novembre 2025, des citoyens regroupés au sein d’une coordination ont adressé aux autorités régionales une série de propositions destinées à améliorer la gestion de la crise.
Dans un document transmis au gouvernorat de Ségou, les signataires estiment que la région continue de subir de plein fouet les effets de la pénurie alors que d’autres localités du pays commencent à retrouver un approvisionnement plus régulier.
Parmi les principales recommandations figure l’augmentation des volumes de carburant destinés à la région. Les auteurs du document jugent que les stocks actuellement disponibles s’épuisent trop rapidement et suggèrent soit une diversification des circuits d’approvisionnement, soit des mesures exceptionnelles permettant d’accroître le nombre de citernes acheminées vers Ségou.
La coordination demande également un audit indépendant de la commission chargée de la gestion de la crise du carburant. Selon elle, plusieurs mois après sa mise en place, le dispositif peine encore à répondre efficacement aux besoins des populations.
Les auteurs du mémorandum préconisent en outre le retour aux horaires habituels d’ouverture des stations-service. À leurs yeux, les restrictions actuelles favorisent les attroupements massifs et compliquent davantage l’accès au carburant.
Autre préoccupation soulevée : le contrôle des stocks et la transparence dans la distribution. Les signataires recommandent notamment la publication régulière des quantités disponibles dans les stations-service ainsi qu’un meilleur suivi des ventes afin de renforcer la confiance entre autorités, opérateurs et consommateurs.
Le document s’intéresse également à la distribution du carburant vendu en barriques. Les auteurs estiment que ce système a favorisé l’apparition de nouveaux revendeurs au détriment de certains acteurs traditionnels du secteur. Ils demandent une révision des listes de bénéficiaires pour mieux prendre en compte les vendeurs habituels.
En outre, les initiateurs de la démarche insistent sur la nécessité d’une véritable communication de crise. Selon eux, le manque d’informations pousse de nombreux usagers vers le marché noir faute de pouvoir anticiper leurs besoins. Ils proposent la mise en place d’un dispositif d’information régulier utilisant notamment les médias et les plateformes numériques dans les langues les plus parlées dans la région.
Déposé le 19 mai dernier, ce document traduit l’inquiétude grandissante d’une partie de la population face à une crise qui affecte aussi bien les activités économiques que les déplacements quotidiens dans la région de Ségou. Reste désormais à savoir quelles suites les autorités donneront à ces propositions.
Kémoko Diabaté
