Dans le cadre de l’exécution de son plan de réponse humanitaire 2026, le Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires humanitaires au Mali (OCHA-Mali) annonce avoir assisté plus de 223 000 personnes au premier trimestre.
Dans une publication faite par OCHA-Mali, il ressort que le plan de réponse humanitaire cible 3,8 millions de personnes sur 5,1 millions qui ont besoin d’une assistance humanitaire et de protection. Quelques mois après le lancement dudit plan, sa mise en œuvre fait face à des contraintes majeures, notamment l’insuffisance de financement et des difficultés d’accès. Pour déployer une réponse conforme aux standards humanitaires et adaptée au contexte opérationnel, a indiqué OCHA-Mali, les partenaires recherchaient 577,9 millions de dollars américains. Au 20 mai, 92,4 millions ont pu être mobilisés, soit 16% du total. Cette insuffisance de financement combinée à des difficultés d’accès a entraîné des conséquences sur la réponse fournie, dira l’organe onusien, soulignant que les interventions des acteurs humanitaires ont été réduites en termes du nombre de personnes et sur le plan géographique. Quant à l’écart entre les besoins financiers et les ressources disponibles, il a obligé les acteurs à faire des choix difficiles. D’une part, réduire les interventions et viser les personnes les plus vulnérables identifiées comme « prioritaires ». Sur les 3,8 millions de personnes ciblées, 1,49 million d’entre elles sont considérées comme prioritaires. Et OCHA-Mali de dire qu’il s’agit des personnes qui devront au minimum être assistées dans un scénario où les moyens financiers sont extrêmement limités. D’autre part, si l’approche de « personnes priorisées » vise à canaliser les ressources disponibles vers les besoins les plus sévères, une grande partie des besoins essentiels restent à couvrir. Au total, 329,2 millions de dollars sont recherchés pour garantir une assistance vitale minimale aux personnes prioritaires pour l’accès à l’eau, l’hygiène et l’assainissement, dans les domaines de la sécurité alimentaire, des abris et des biens non alimentaires, de la santé et de la nutrition ainsi que de la protection, expliquera l’organe. Ajoutant, « de janvier à mars, les partenaires ont fourni au moins une forme d’assistance humanitaire à 223 428 personnes dont 215 429 sont des personnes priorisées. Si ces réalisations paraissent modestes au regard des cibles initiales, elles traduisent un engagement constant des acteurs pour soutenir en priorité les populations les plus vulnérables, dans des conditions particulièrement difficiles ». A ses dires, un engagement renforcé et urgent des bailleurs ainsi que des actions concrètes pour faciliter l’accès humanitaire sont indispensables. Sinon, le déficit actuel risque de se traduire par des conséquences humanitaires graves et durables, compromettant non seulement la réponse immédiate, mais aussi les perspectives de relèvement et de stabilité à moyen et long terme, a-t-il conclu.
Mamadou Diarra
