Les autorités de la transition ont lancé le 15 juin 2026, une vaste opération d’immatriculation des engins motorisés à deux et trois roues sur toute l’étendue du territoire national. En plus de la conformité administrative, l’initiative s’inscrit également dans la volonté de maîtriser la mobilité des groupes armés terroristes dans un contexte toujours marqué par la persistance de l’insécurité. Une mesure inattendue qui aura à coup sûr des impacts positifs dans la lutte contre le terrorisme au Mali et au Sahel.
Le gouvernement a enclenché une nouvelle phase de sa politique de renforcement de la sécurité intérieure. En effet, dans un communiqué publié mercredi, le ministère des Transports et des Infrastructures a annoncé le lancement, à compter du 15 juin 2026, d’une opération spéciale d’immatriculation des engins motorisés à deux et trois roues sur l’ensemble du territoire national.
Cette campagne vise à régulariser un parc motos et de tricycles dont la majorité circule encore sans immatriculation. L’initiative vise donc à faire respecter une réglementation en vigueur et en même temps améliorer la traçabilité de l’un des moyens de transport les plus utilisés au Mali.
Ainsi, les propriétaires d’engins concernés sont invités à accomplir les démarches nécessaires afin de se conformer à la législation.
La mesure s’appuie sur l’arrêté n°2023-5150/MTI-SG du 29 décembre 2023 fixant les règles générales d’immatriculation des véhicules au Mali. Un texte qui prévoit notamment l’attribution d’un numéro d’immatriculation à toute motocyclette, tout tricycle ou quadricycle circulant sur le territoire national.
L’opération s’inscrit également dans la continuité de la réforme des plaques d’immatriculation engagée en septembre 2024 ou les nouvelles plaques intègrent la carte du Mali, les couleurs nationales, le sigle international « ML » ainsi que des indications permettant d’identifier la région, le cercle ou l’arrondissement de résidence du propriétaire.
Selon les données de la Direction générale des Transports sur la question, près de 25 000 véhicules avaient déjà été immatriculés ou réimmatriculés entre septembre 2024 et février 2025.
Mais, au-delà des considérations administratives, cette initiative répond surtout à des préoccupations sécuritaires croissantes. En effet, depuis plusieurs années, les motos constituent l’un des principaux moyens de déplacement utilisés par les groupes armés dans les régions. Leur rapidité, leur mobilité et leur capacité à circuler sur des pistes difficilement accessibles aux véhicules classiques en font des outils fréquemment employés lors d’attaques ou d’opérations de harcèlement. Utilisées également par les populations civiles, ces motos permettent également aux assaillants de se fondre plus facilement dans les flux de circulation après leurs actions, compliquant parfois les opérations d’identification et de recherche.
C’est dans cette logique que le gouvernement a récemment adopté d’autres mesures complémentaires. Deux arrêtés interministériels du 3 juin 2026 ont notamment suspendu pour une durée d’un an renouvelable l’importation, le transit, la vente et la distribution des motos de 125 cm³ et plus, tout en limitant leur circulation en dehors des grandes agglomérations. Selon les autorités, ces engins sont particulièrement prisés par les groupes armés opérant dans les zones rurales.
À travers cette opération nationale d’immatriculation, l’État affiche sa volonté de mieux connaître, mieux contrôler et mieux sécuriser l’espace de circulation. Un choix qui traduit la détermination des autorités à réduire les zones d’ombre susceptibles d’être exploitées par les acteurs de l’insécurité et à renforcer progressivement l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire.
Issa Djiguiba
