Profitant de la célébration de la Journée de l’Europe à Bamako, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a réaffirmé la position malienne face aux défis sécuritaires au Sahel. Tout en rappelant les causes profondes de l’instabilité dans la région, le ministre Diop a condamné avec fermeté les attaques terroristes du 18 juin à Niamey.
Comme à l’accoutumée, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop a fait une prise de parole remarquée à l’occasion de la Journée de l’Europe, célébrée le 18 juin à Bamako à l’invitation de l’ambassadeur de l’Union européenne au Mali, Alberto Cerezo.
Au-delà du caractère festif de l’événement, le chef de la diplomatie malienne a mis à profit cette tribune pour revenir sur les grands enjeux sécuritaires et diplomatiques qui marquent le Sahel actuellement.
Au nom des plus hautes autorités du Mali, le ministre a d’abord adressé ses félicitations ainsi que ses vœux de paix, de stabilité et de prospérité aux dirigeants et aux peuples européens. Dans un contexte sécuritaire toujours difficile, cette tribune a surtout été l’occasion de rappeler une fois de plus la vision portée par Bamako sur les origines de la crise sécuritaire qui affecte la région du Sahel depuis plus d’une décennie.
En effet, Abdoulaye Diop a remis en exergue ce qu’il a qualifié d’« intervention militaire hasardeuse de l’OTAN en Libye », estimant que celle-ci a contribué à exacerber l’insécurité au Sahel. Selon lui, l’effondrement de l’État libyen a favorisé la prolifération des armes, la circulation de combattants et l’expansion de groupes terroristes qui continuent de menacer la stabilité de plusieurs pays de la région.
Tout en dénonçant les activités criminelles de coalitions terroristes soutenues par des « sponsors étatiques étrangers », le ministre a attiré l’attention sur l’émergence de nouvelles formes de terrorisme cette fois-ci économique et médiatique.
Ciblant l’espace confédéral AES dans son ensemble, Abdoulaye Diop a vivement condamné les attaques terroristes perpétrées seulement le jeudi 18 juin à Niamey.
D’ailleurs cette position exprimée par le ministre des Affaires étrangères du Mali témoigne de la solidarité qui unit le Mali, le Burkina Faso et le Niger face à une menace commune. Il a ainsi réaffirmé la détermination des trois pays à poursuivre la mutualisation de leurs efforts afin d’atteindre les objectifs de paix, de sécurité, de stabilité, mais aussi de prospérité partagée dans l’espace confédéral.
Par rapport aux relations avec l’Union européenne, le ministre souligne qu’elles se sont forgées au fil d’un dialogue politique constant. Toutefois, il a insisté sur la nécessité de bâtir une coopération multisectorielle plus pragmatique, plus équilibrée et davantage en phase avec les priorités nationales ainsi qu’avec les principes de gouvernance de l’action publique actuellement défendus par son pays, le Mali.
Il a exprimé le souhait d’un approfondissement des relations entre le Mali et l’Union européenne, mais fondé sur une confiance renouvelée, une compréhension mutuelle et des intérêts réciproques.
Dans cette perspective, le ministre Diop a salué la contribution de la Mission civile de l’Union européenne au Mali (EUCAP Sahel Mali), notamment dans le domaine de la coopération technique destinée au renforcement des capacités des forces de sécurité et du système judiciaire national.
Occasion pour lui de rappeler, au-delà de la question sécuritaire, tous les efforts engagés par les autorités maliennes en matière de gouvernance économique endogène et de développement durable.
Issa Djiguiba
