Au Mali, soixante-six jeunes créateurs de contenus ont relevé un défi qui dépasse les écrans. Il s’agissait de produire, dans un pays traversé par des moments sécuritaires particuliers et des fractures sociales, des œuvres audiovisuelles et radiophoniques capables de réconcilier plutôt que de diviser.
Ce jeudi 25 juin 2026, Search for Common Ground Mali a récompensé les trois meilleurs d’entre eux lors de la cérémonie de remise des prix du concours « Challenge for Peace », en présence des autorités administratives et de l’ambassadeur de Belgique au Mali, partenaire financier du projet.
Trois catégories étaient en compétition : le reportage télévisé, la production radiophonique et la vidéo explicative. Vingt-trois candidats se sont mesurés dans la première, douze dans la deuxième et vingt-neuf dans la troisième, autour de thématiques liées à la citoyenneté, à la coexistence pacifique et à la valorisation de la diversité socioculturelle malienne.
À l’issue de l’évaluation par un jury, trois lauréats ont été distingués : Hadizatou Hamadoune Cissé en vidéo explicative, Imranna Kilou Maïga en radio et Djenebou Koumaré en reportage télévisé. Chacun repart avec une caméra Canon 800D, un ordinateur portable et un chèque de 500 000 francs CFA.
« C’est ce genre d’initiative qui motive. J’invite les partenaires à poursuivre dans cet élan pour que les jeunes journalistes puissent faire valoir leur talent », a plaidé Imranna Kilou Maïga, lauréat catégorie Radio.
Ce concours s’inscrit dans le cadre du projet « Siguida Hèrèma », porté par Search for Common Ground avec l’appui de la Coopération belge au développement. Pour le Directeur-Pays Sahel/Bénin de l’organisation, MBara Adiawiakoye, l’enjeu va au-delà des prix remis ce jeudi. Il s’agira de constituer un réseau durable de jeunes producteurs de contenus sensibles aux dynamiques de conflits, capables de diffuser des messages favorisant le dialogue et la cohésion sociale dans un environnement numérique où les contenus polarisants circulent à grande vitesse.
Dans un Mali où les jeunes restent souvent en marge des espaces de prise de parole publique et où les discours de haine trouvent un écho croissant sur les plateformes numériques, « Siguida Hèrèma » parie sur l’inverse. Le projet entend faire des créateurs de contenus des acteurs de paix, armés non pas de polémiques mais de récits capables de nourrir le débat sans attiser les divisions.
Kémoko Diabaté
