Dans la lutte contre la chicha, les autorités de la transition viennent de franchir une nouvelle étape. Via un nouvel arrêté interministériel en date du mardi 7 juillet dernier, elles ont renforcé considérablement le dispositif de répression en interdisant, désormais, sur toute l’étendue du territoire national, l’importation, la production, la distribution, la vente, la commercialisation, la détention, la publicité, l’apologie et l’usage de la chicha, du tabanel, des arômes qui lui sont destinés ainsi que tout autre dispositif similaire.
Le texte, signé conjointement par les ministères en charge de la Sécurité, de la Justice, de la Santé, de l’Économie et des Finances, de l’Industrie et du Commerce, ainsi que de la Jeunesse et des Sports, marque un durcissement sans précédent des sanctions contre les contrevenants. Les auteurs de production ou d’importation encourent désormais un à trois ans d’emprisonnement et une amende de 5 à 15 millions de francs CFA. C’est du moins ce qu’annoncent les autorités de la transition, résolument engagées pour mettre un terme au fléau. Ce n’est pas tout. La simple détention est passible de trois à douze mois de prison et d’une amende pouvant atteindre 2 millions de francs, alors que la distribution ou la commercialisation est sanctionnée par un à trois ans de prison. À ce niveau, les contrevenants doivent s’attendre au paiement d’une amende allant jusqu’à 3 millions de francs CFA. Quant à l’usage, la publicité ou l’apologie de la chicha, ils sont également réprimés. Une double peine est prévue contre toute personne récidiviste.
Aussi, le nouvel arrêté prévoit la fermeture administrative de six à douze mois de tout établissement servant de lieu de dépôt ou de consommation de la chicha, avec possibilité de fermeture définitive en cas de récidive. Selon les informations, les produits et appareils saisis lors des opérations seront immédiatement confisqués désormais, puis détruits aux frais des contrevenants. Le message lancé reste assez succinct : aucune tolérance pour celles et ceux qui se livrent à la consommation de la chicha en République du Mali.
Ce nouveau dispositif abroge ainsi l’arrêté interministériel du 15 août 20222. Son exécution est confiée à plusieurs responsables, notamment au Directeur de l’Office Central des Stupéfiants, au Directeur général de la police nationale, à celui de la Gendarmerie nationale, le Directeur général des Douanes, le Directeur général du Commerce et de la Concurrence, ainsi qu’au Directeur général de l’industrie. Par cette décision, les Autorités maliennes affichent leur détermination absolue à protéger la santé publique, préserver la jeunesse et renforcer la lutte contre les pratiques jugées dangereuses pour la société.
Mamadou Diarra
