Les voix des déplacés internes du Mali ont résonné vendredi 17 juillet soir au Palais de la Culture Amadou Hampaté Bâ. L’avant-première du documentaire « Le Mali, un passé glorieux, un futur d’espérance », réalisé par N’Golo Diarra et produit avec l’appui du Fonds d’Appui aux Moteurs du Changement, a réuni cinéastes, partenaires techniques et financiers, représentants institutionnels et acteurs culturels dans un moment de recueillement et de réflexion autour d’une crise qui dure depuis plus d’une décennie.
Le projet est né d’une évidence de terrain. N’Golo Diarra, qui côtoie les personnes déplacées, a voulu transformer leurs récits en images pour les toucher là où un livre ne peut pas toujours atteindre. Financé après sélection par le FAMOC dans le cadre d’un appel à projets, le documentaire porte des messages de plaidoyer à destination de toutes les couches de la société — familles, autorités, femmes, enfants — en mettant en avant une conviction simple mais profonde : les déplacés aspirent avant tout à la paix et à la réconciliation.
« Ce documentaire est la petite contribution de mon équipe technique, des bailleurs et de moi-même à la recherche de la paix et de la réconciliation au Mali », précise N’Golo Diarra, réalisateur.
Le film plaide pour des solutions durables, avec l’éducation comme pierre angulaire. Il montre en fin de métrage des initiatives socio-professionnelles portées par des acteurs de terrain, appelant les autorités à orienter leurs interventions vers la formation et l’autonomisation des déplacés là où ils se trouvent. Une vision qui dépasse le documentaire pour s’inscrire dans une réflexion plus large sur la sortie de crise.
La soirée a également été l’occasion pour le directeur du Centre National de Cinématographie du Mali, Sidi Lamine Bagayoko, de réaffirmer au nom du ministre Mahmoud Davé la volonté de l’institution d’accompagner les réalisateurs maliens et de contribuer à la réhabilitation du cinéma national. Il a rappelé que des projections de films de fiction avaient déjà commencé il y a deux mois, et que ce travail se poursuivra. La cinéaste Fatoumata Coulibaly, dite Tantie FC, a quant à elle lancé un appel vibrant à la confiance envers les artistes maliens, affirmant que le cinéma malien mérite d’être soutenu et cru.
Le représentant de la Coopération suisse, dont le programme Culturact soutient les acteurs culturels à Bamako et dans les régions, a salué les valeurs d’accueil et de solidarité illustrées dans le film, estimant que ces leçons humaines dépassent les frontières du Mali.
Kémoko Diabaté

