La famille de la presse malienne s’est retrouvée vendredi 24 juillet 2026 pour la cinquième édition de la Nuit de l’UJRM, une soirée qui conjuguait célébration du mérite, réflexion sur les conditions d’exercice du journalisme et adoption d’un document fondateur pour la profession.
Neuf journalistes ont été distingués au cours de la cérémonie. Quatre lauréats ont été récompensés dans le cadre du concours traditionnel de l’UJRM, portant sur deux thématiques d’actualité : le rôle de la justice dans la consolidation de la paix et de la cohésion sociale, et la contribution des médias à la sensibilisation sur les changements climatiques. Cinq autres journalistes ont reçu le Prix spécial ORFED ONG, décerné dans le cadre du programme « Promouvoir une Paix Durable au Mali », qui encourage un journalisme sensible aux conflits et engagé pour la cohésion sociale. Six patrons de presse ont par ailleurs été honorés pour leur engagement envers leurs journalistes, un geste symbolique fort dans un secteur où la précarité reste une réalité largement documentée.
La soirée a également été marquée par la présentation officielle de la Charte des Journalistes Reporters du Mali, document adopté à l’issue d’un travail collectif lancé le 6 janvier 2026 et conduit avec la participation des coordinations régionales de l’UJRM dans les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Bougouni, Ségou, Koutiala, Mopti, Tombouctou et Gao. Composée d’un préambule et de trente et un articles répartis en quatre chapitres, la charte s’appuie sur la Constitution malienne du 22 juillet 2023, les textes législatifs régissant la presse et les grands instruments internationaux des droits de l’homme. Elle reconnaît les droits du journaliste-reporter tout en rappelant ses devoirs, et appelle à mettre fin à certaines pratiques nuisant à l’image de la profession.
« Un pays vaut souvent ce que vaut sa presse. »
— Albert Camus, cité par le président de l’UJRM dans son discours d’ouverture
En cinq années d’existence, l’UJRM a distribué 29 ordinateurs à des journalistes et accordé 70 bourses d’études, dont 30 nouvelles cette année grâce aux partenariats universitaires avec l’ESTM et l’EGI-SUP. Un rapport sur les conditions de vie et de travail des journalistes au Mali a également été produit. Dans la matinée précédant la cérémonie, une journée de réflexion s’était tenue au Mémorial Modibo Keïta sur le thème « Couverture sociale des journalistes au Mali : entre droits fondamentaux, réalités administratives et perspectives de réformes », avec le soutien de la Friedrich Ebert Stiftung.
La soirée a été marquée par une annonce personnelle du président de l’UJRM, qui a révélé qu’il ne sollicitera pas de nouveau mandat lors du congrès de l’organisation prévu en octobre prochain, tirant ainsi sa révérence après plusieurs années à la tête de l’association. Une décision saluée avec émotion par l’assemblée.
De son côté, le président de la Maison de la Presse, Bandiougou Danté, a annoncé la mise en place dans les trois prochains mois d’une instance dédiée au renforcement de l’éthique, de la responsabilité et de la qualité de l’information dans les médias maliens, soulignant que la multiplication des relais sur les réseaux sociaux rend le droit de réponse seul insuffisant face à la propagation rapide des informations fausses ou contestables.
Kémoko Diabaté
