Le verdict de la chambre criminelle de la cour d’appel de Bamako est tombé lundi 3 août dernier. La juridiction du second degré a condamné l’activiste Adama Diarra, dit « Ben le Cerveau », à cinq ans d’emprisonnement, dont un an avec sursis. Au sujet du dossier Chahana Takiou, Directeur de publication du bihebdomadaire « 22 Septembre », le pôle national de Lutte contre la Cybercriminalité a écopé le responsable de douze mois de prison, dont six mois avec sursis, ainsi que d’une amende de 500 000 FCFA.
Dans l’affaire concernant Adama Diarra, dit « Ben le Cerveau », la chambre criminelle de la Cour d’Appel de Bamako a rendu son verdict le lundi 3 août. Le leader du mouvement panafricain malien (Yèrèwolo Debout sur les remparts), a été condamné à cinq ans de prison, dont un an avec sursis. La Cour n’a toutefois pas suivi la réquisition du parquet, qui avait requis dix ans de prison ferme lors de l’audience du 27 juillet dernier. L’ex-membre du Conseil National de Transition (CNT), organe législatif de la Transition, avait été placé sous mandat de dépôt en septembre 2023. Adama Ben Diarra était poursuivi pour « menace et injures par le biais d’un système d’information ».
Un an de prison pour Chahana Takiou
A la même date du 3 août 2026, le délibéré relatif au journaliste Chahana Takiou a été rendu public. Le pôle national de lutte contre la cybercriminalité lui a infligé une peine de douze mois de prison, dont six mois avec sursis. Le directeur de publication du journal 22 Septembre devra également s’acquitter d’une amende de 500 000 FCFA. Ainsi, certains estiment que le tribunal a suivi les réquisitions du parquet, qui avait demandé la même peine lors de l’audience du 27 juillet. La défense, qui plaidait la relaxe, estimait que les faits reprochés n’étaient pas suffisamment constitués. Directeur de publication du bihebdomadaire Le 22 Septembre et ancien Président du Groupement patronal de la presse, Chahana Takiou était poursuivi pour « atteinte au crédit de l’État à travers l’institution judiciaire ». Il est détenu depuis le 8 juin à la Maison centrale d’arrêt de Bamako. L’affaire fait suite à une intervention du journaliste lors du Forum panafricain des médias, organisé du 3 au 6 juin à Bamako. Il avait dénoncé l’utilisation de la loi sur la cybercriminalité contre des journalistes, estimant que les professionnels des médias devaient être jugés selon la législation sur la presse. La séquence, diffusée sur les réseaux sociaux, avait conduit à sa convocation par le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité puis à son placement sous mandat de dépôt. Ses avocats avaient demandé une liberté provisoire pour lui permettre de suivre un contrôle médical au Maroc après une opération subie en 2023, mais cette requête avait été rejetée le 6 juillet. Face à la problématique, des organisations de défense de la liberté de la presse avaient appelé à l’abandon des poursuites, estimant que les propos du journaliste relevaient du débat public.
Mamadou Diarra
