Le Conseil malien des Chargeurs hausse le ton. Dans un communiqué publié mercredi 5 août 2026, son Président Kissima dit Bakissima Sy alerte sur une situation qui perturbe sérieusement la chaîne logistique nationale : des conteneurs vides ne sont pas retournés dans les délais impartis au niveau des ports de transit, créant une pénurie qui menace l’approvisionnement régulier du Mali.
Le phénomène n’est pas anodin. La raréfaction des conteneurs vides dans les ports de transit et d’embarquement crée un goulot d’étranglement dans les flux commerciaux d’un pays enclavé comme le Mali, entièrement dépendant des corridors de transit pour ses importations et exportations. Quand les conteneurs ne reviennent pas, les suivants ne peuvent pas partir. La chaîne se grippe, les délais s’allongent et les coûts augmentent.
Le CMC identifie un risque supplémentaire qui aggrave la situation : face à cette accumulation de retards, les armateurs pourraient durcir leurs conditions envers les opérateurs économiques maliens en exigeant des cautions de garantie plus élevées. Une mesure qui pèserait directement sur la compétitivité et la trésorerie des importateurs et exportateurs maliens, dans un contexte économique déjà contraint.
Face à l’urgence, le CMC a obtenu de certaines compagnies maritimes une fenêtre de tolérance jusqu’au 31 août 2026, permettant aux détenteurs de conteneurs vides de régulariser leur situation dans des conditions négociées. Une main tendue à ne pas ignorer.
Car passé cette date, le ton change radicalement. Aucune dérogation ne sera accordée et les contrevenants s’exposeront aux sanctions prévues par la réglementation en vigueur, conformément aux engagements contractuels que chaque détenteur a souscrits au moment de la prise en charge des conteneurs.
Le CMC invite donc toutes les personnes physiques ou morales concernées à agir sans délai, dans leur propre intérêt et dans celui de la chaîne logistique nationale.
Kémoko Diabaté
