Le problème d’accords locaux entre certaines communautés et des groupes armés terroristes suscite régulièrement des débats au Mali. Certaines allégations ont même été attribuées au ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, le Général de Corps d’Armée Ismaël Wagué, invitant les populations à signer des accords locaux avec les groupes armés terroristes pour échapper aux violences et exactions. Les échanges à l’occasion de la Semaine nationale de la jeunesse, sous le thème : « Jeunesse, Paix et Sécurité : prévenir la désinformation, lutter contre la radicalisation et promouvoir la paix », ont été mis à profit par le ministre Wagué pour s’inscrire, non seulement, en faux par rapport à ces allégations, mais aussi pour édifier le grand public sur les pièges qui se cachent derrière ces soi-disant accords avec les groupes armés terroristes.
Tout en reconnaissant les circonstances, souvent très difficiles, qui amènent certaines populations à signer des accords locaux avec les groupes armés terroristes, le ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, le Général de Corps d’Armée Ismaël Wagué, a tenu à préciser que les accords avec les groupes armés terroristes ne sont jamais de bons accords. Loin d’être une faiblesse de l’État, le ministre Wagué souligne que ces accords rendent difficile le travail de l’État, l’affaiblissent et fragilisent davantage les populations civiles.
Cependant, il a tenu à préciser que l’État ne peut empêcher des populations éprouvées de trouver elles-mêmes des alternatives à leur souffrance. Du fait que certains y ont adhéré par contrainte et par pure nécessité, la démarche des plus hautes autorités va être, selon lui, de trouver des solutions appropriées aux problèmes des populations afin de les retirer de ces accords funestes.
Ce point de vue vient consolider la thèse que tous ceux qui sont dans ces accords locaux avec les terroristes ne sont pas des ennemis et, par ricochet, ne doivent pas être combattus comme tels. C’est pourquoi le ministre a invité tous à unir leurs efforts pour ne pas arriver au stade où les populations auraient besoin de signer des accords avec les terroristes pour vivre en paix.
Une occasion pour lui d’édifier également les populations sur le fait que ce n’est pas par amour, comme ils le prétendent, que les terroristes leur proposent des accords locaux. À ses dires, c’est juste une stratégie pour avoir une base arrière qui les protège et leur offre une liberté de mouvement sans aucune crainte d’être dénoncés par la population. « L’État ne veut pas et l’État ne va jamais soutenir des accords entre communautés et Groupes armés terroristes », a-t-il précisé.
Concernant les autres formes d’accords locaux entre communautés ou entre villages pour gérer un différend ou dissiper un malentendu sur des sujets d’intérêt commun, « ce n’est pas un problème », a-t-il précisé, puisque, avant tout, cela entre dans le cadre des mécanismes traditionnels de gestion des crises.
Cette occasion a enfin été mise à profit pour préciser que, dans aucun pays du monde, on ne peut garantir la sécurité de tous les citoyens à 100 %. « On nous demande de ramener le niveau de sécurité à un village près. On a plus de 12 800 villages, fractions et quartiers, ce n’est pas possible », a-t-il indiqué.
Par ailleurs, il a rassuré que des efforts se poursuivent par le recrutement et le renforcement des capacités opérationnelles des FAMa pour davantage protéger les populations et leurs biens.
Issa Djiguiba
