La Friedrich-Ebert-Stiftung a présenté mercredi 19 août 2026 à l’Azalaï Hôtel Salam de Bamako les résultats de la 17e édition de son enquête d’opinion Mali-Mètre, un instrument d’analyse né après la crise institutionnelle de 2012 pour mesurer le pouls de l’opinion malienne. Le tableau qui se dégage de cette édition est celui d’un pays majoritairement en phase avec ses dirigeants, confiant en ses forces armées et optimiste quant à son avenir.
L’enquête a été conduite auprès de 2 220 personnes de 18 ans et plus entre le 10 et le 24 avril 2026, dans dix capitales régionales et le District de Bamako. Ses résultats sont représentatifs au niveau régional, à l’exclusion des zones rurales et des nouvelles régions administratives.
Une satisfaction massive envers la Transition
Le premier chiffre à retenir est celui-ci : 88,5 % des Maliens se déclarent satisfaits de la gestion de la Transition. Un score qui traduit une adhésion populaire robuste aux orientations des autorités, renforcée par la confiance de 72,1 % des acteurs institutionnels envers le Président de la Transition. Au total, 54,5 % des Maliens estiment que la situation générale du pays s’est améliorée au cours des douze derniers mois, une proportion qui monte à 87,5 % dans la région de Ménaka, à 74 % à Sikasso et à 69,6 % à Kayes. Plus significatif encore : 77,7 % des sondés anticipent une poursuite de cette amélioration dans les six prochains mois, signe d’un optimisme qui dépasse le seul constat du présent.
L’armée, fierté d’une nation
Les Forces de Défense et de Sécurité atteignent dans cette édition un taux de satisfaction de 94,2 %, un score exceptionnel qui traduit l’ampleur de la transformation de la perception de l’armée dans l’opinion malienne. Pour 55,3 % des sondés, les forces armées sont devenues une source de fierté nationale et un symbole d’unité. Sur le terrain, 74,6 % des Maliens constatent une diminution de l’insécurité dans leur région, la baisse des violences étant citée par 40,7 % des sondés comme la première raison de l’amélioration de la situation générale. Dans la région de Kidal, la récupération du territoire par les FAMa est identifiée comme la raison principale de cette amélioration.
La corruption en chute libre
L’un des indicateurs les plus frappants de Mali-Mètre 2026 est l’effondrement de la perception de la corruption. En quatre ans, ce chiffre est passé de 81,5 % en 2022 à 36,8 % en 2026, soit une division par plus de deux. Les sondés attribuent ce recul à l’égalité de tous devant la loi et au contrôle renforcé exercé par les autorités de la Transition. Un résultat qui illustre, selon l’enquête, l’impact concret des réformes de gouvernance engagées depuis 2020.
L’AES et la Russie, choix souverains largement approuvés
Sur le plan diplomatique, les choix souverains des autorités maliennes trouvent un écho massif dans la population. La Confédération des États du Sahel recueille 84,3 % de satisfaction, et 98 % des Maliens expriment leur confiance en la force unifiée de l’AES pour sécuriser l’espace sahélien. Le partenariat militaire avec la Russie est approuvé par 87 % des sondés, et 62 % désignent la Russie comme le partenaire de confiance le plus à même d’aider le Mali à récupérer l’intégralité de son territoire, loin devant les institutions internationales traditionnelles.
La FES a tenu à préciser les limites de l’enquête : ses résultats ne sont valables que pour les capitales régionales et Bamako, et la collecte s’est déroulée avant les attaques du 25 avril 2026, événement majeur susceptible d’avoir influencé certaines perceptions. Ces précautions méthodologiques ne diminuent pas la portée des résultats, qui dessinent un Mali majoritairement confiant en sa trajectoire.
Kémoko Diabaté
