Plaidoyer en faveur du leadership des femmes pour la paix dans la région du Sahel et des pays côtiers : Bamako accueille la rencontre des femmes leaders du Sahel avec l’Envoyée spéciale de l’UA pour le Sahel.
Bamako, capitale du Mali, accueille depuis hier, mercredi 26 août, à l’hôtel Salam, la rencontre des femmes leaders du Sahel avec Mme Liberata Mulamula, l’Envoyée spéciale de l’Union africaine pour le Sahel, et le forum régional sur le leadership des femmes pour la paix. En cours jusqu’au 28 août 2026, les travaux d’ouverture ont été présidés par Mme Diarra Djeneba Sanogo, ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, qui avait à ses côtés plusieurs responsables, dont Mme Hanna Singer-Hamdy, coordinatrice résidente du système des Nations unies au Mali, Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale…
Cette rencontre permettra aux femmes actrices et médiatrices de paix, aux autorités et aux partenaires de se réunir pour renforcer la participation et la protection des femmes dans les processus de paix au Sahel et dans les pays côtiers. Le Gouvernement du Mali, à travers le ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, l’Union africaine et ONU Femmes, a tenu cette visite de solidarité et de plaidoyer de l’Envoyée spéciale du Président de la Commission de l’Union africaine sur les Femmes, la Paix et la Sécurité, ainsi que de la rencontre régionale sur le leadership des femmes pour la paix dans le Sahel et les pays côtiers. L’événement est placé sous le thème « Leadership des femmes pour la paix dans les régions frontalières des pays du Sahel et des pays côtiers ». Il vise à offrir un espace stratégique de solidarité, d’écoute, de dialogue et de plaidoyer. Il met en lumière les contributions des femmes à la prévention des conflits, à la médiation communautaire, à l’alerte précoce, à la cohésion sociale et à la reconstruction du lien social. Au cours des trois jours d’échanges, les participantes venues du Niger, du Burkina Faso, du Cameroun, de la Mauritanie et d’autres pays africains se pencheront, entre autres, sur les défis sécuritaires et les conflits communautaires dans les zones frontalières du Sahel ; les expériences et bonnes pratiques des organisations de femmes et des médiatrices de paix ; les risques auxquels sont confrontées les femmes actrices de paix et les mécanismes nécessaires à leur protection ; les partenariats avec les autorités, les forces de défense et de sécurité, les leaders communautaires, les organisations régionales, les Nations unies et les partenaires techniques et financiers. S’y ajoutent des aspects relatifs aux recommandations et initiatives transfrontalières susceptibles de renforcer le leadership des femmes et la stabilité régionale.
Faire de la femme une actrice de paix et d’actions
Dans son discours d’ouverture, la ministre Sanogo a souligné que le thème de cette rencontre traduit l’appel à la détermination à faire de la femme dans nos pays une actrice de paix et d’actions. Ainsi, dit-elle, il s’agira de réfléchir et de dégager des stratégies pertinentes et efficaces pour renforcer le leadership, la participation et la protection des femmes pour la paix et la stabilité dans les régions du Sahel, tout en favorisant une convergence entre les initiatives régionales. Cela, conformément à la volonté politique commune définie dans les dispositions pertinentes des Agendas 2063 de l’UA et 2030 des ODD. Lesquelles accordent une place de choix à la promotion et à l’émancipation des femmes. Selon Mme Diarra Djénéba Sanogo, au Sahel et particulièrement dans les communautés transfrontalières, faire entendre la voix des femmes dans les processus de paix et répondre à leurs besoins sur le terrain sont essentiels pour instaurer la stabilité et la paix durable. « Il est impérieux, alors, de renforcer le rôle des organisations des femmes dans les dynamiques de paix à travers leur implication active dans la gouvernance, en favorisant leur participation dans des conditions équitables aux mécanismes de prévention, de médiation, de négociation », a-t-elle dit, indiquant que la participation effective des femmes au sein de l’espace sahélien dans les processus de paix et dans les sphères nationales et transfrontalières est non seulement une exigence d’équité, une nécessité, mais aussi une opportunité.
Le Mali et ses alliés loin d’être esseulés
Prenant la parole, Mme Liberata Mulamula a indiqué ceci : « Nous sommes ici (à Bamako) pour démontrer que le Mali et le Sahel ne sont pas oubliés. Cette région fait partie intégrante de notre belle Afrique, une Afrique dont nous ne pouvons nous dissocier. L’esprit d’une Afrique unie continue de résonner en chacun de nous. » Ajoutant : « Nous nous réunissons à un moment particulièrement difficile pour le Sahel. La région continue de faire face à des défis sécuritaires persistants et complexes, notamment l’expansion des groupes armés, les déplacements forcés, les pressions humanitaires et les effets aggravants du changement climatique. Les femmes et les filles subissent de manière disproportionnée les conséquences de ces crises, notamment une exposition accrue aux violences basées sur le genre, tout en demeurant trop souvent sous-représentées dans les décisions et les processus qui façonnent la paix et la sécurité. C’est précisément dans de telles circonstances que la solidarité doit se traduire en action. »
Aussi présent, le ministre Abdoulaye Diop a invité les participantes à servir de relais et de porte-voix pour le Mali et ses alliés de l’AES dans la lutte contre le terrorisme et la solidarité autour de la problématique.
Diarra Mamadou
