La justice malienne s’apprête à se pencher sur le sort des généraux Abass Dembélé, Néma Sagara et de leurs coaccusés, poursuivis depuis août 2025 pour tentative de « déstabilisation des institutions de la République du Mali ». Dans une sortie médiatique récemment effectuée, le procureur général près la Cour suprême du Mali, le magistrat Mamoudou Timbo, s’est exprimé sur la situation en levant le voile sur certaines zones d’ombre.
Ils sont au total plus d’une dizaine d’officiers maliens qui restent poursuivis pour des faits qualifiés de tentative de déstabilisation des institutions de la République sous la Transition. Les généraux Abass Dembélé, Néma Sagara et leurs coaccusés ont été arrêtés et placés en détention à la faveur des événements d’août 2025. L’imminence de leur traduction devant la justice a été annoncée par le procureur général près la Cour suprême du Mali.
Selon M. Timbo, plusieurs chefs d’accusation sont retenus contre les militaires. Dans cette affaire, les officiers sont poursuivis pour « complot contre le commandement, incitation à commettre des actes contraires au devoir, tentative d’emploi illégal de la force armée, association de malfaiteurs, atteinte à la sûreté intérieure de l’État, puisque ce sont des ressortissants maliens », a fait savoir le magistrat, déclarant que les procédures sont déjà engagées pour leur jugement.
« Depuis un an environ, le juge d’instruction au niveau du tribunal militaire est à pied d’œuvre pour instruire cette affaire. Les informations qui nous sont parvenues font état de ce que l’instruction est à un stade très avancé. Bientôt, on ira au règlement de la procédure. Ils seront bientôt jugés », a-t-on appris.
Le cas de M. Yann Christian Bernard Vézilier
Parmi les mis en cause figurait un agent français de la Direction générale de la sécurité extérieure, Yann Christian Bernard Vézilier, gracié en date du 13 août 2026 par le Général d’Armée Assimi Goïta. L’agent français avait été jugé et condamné en juin dernier par le Pôle judiciaire spécialisé en matière de lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée.
Cette situation s’explique par le fait qu’il était poursuivi pour d’autres infractions en lien avec le terrorisme. « On a tenu compte de la nature des crimes en cause. Pour le cas du Français Yann Vézilier, on a découvert, avec l’exploitation des éléments d’enquête, qu’il était dans une connexion profonde avec les groupes armés terroristes », a expliqué le procureur général.
Poursuivant, « pour la qualification juridique, non seulement il était poursuivi pour atteinte à la sûreté extérieure de l’État, mais aussi pour faits de terrorisme. Puisqu’au Mali, nous avons un pôle judiciaire antiterroriste qui a été créé spécialement pour traiter le cas des actes de terrorisme, ce cas ne devrait pas être traité par les juridictions de droit commun ».
C’est pour cette raison que le dossier concernant le Français a été jugé par le pôle antiterroriste. Ainsi, M. Yann Vézilier a été condamné à vingt (20) ans de réclusion criminelle et à vingt (20) ans d’interdiction de séjour au Mali. Le verdict de la juridiction a été annoncé en juin dernier. Le 13 août 2026, un décret a été pris par le Président de la Transition, Assimi Goïta, pour le gracier.
Diarra Mamadou
