Le Centre d’information et de gestion des migrations (CIGEM) a ouvert, jeudi 24 septembre à Bamako, un atelier consacré aux concepts liés à la migration et à la gouvernance des données migratoires. Pendant trois jours, les acteurs du secteur renforcent leurs capacités afin de disposer d’informations plus fiables pour éclairer l’action publique.
Mieux connaître les réalités migratoires pour mieux anticiper et décider. C’est tout l’objectif de l’atelier de renforcement des capacités sur les concepts liés à la migration et à la gouvernance des données migratoires, ouvert jeudi à Bamako par le Centre d’information et de gestion des migrations (CIGEM). La cérémonie d’ouverture a été présidée par Doudou Ben Béchir Niang, conseiller technique chargé de la Migration au ministère des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, représentant le ministre Mossa Ag Attaher. Le directeur du CIGEM, Dr Aboubacrine Aguissa, et le représentant de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Mohamed Kane, ont également pris part à la cérémonie.
Pendant trois jours, les participants venus notamment de Bamako et de Koulikoro sont formés sur les concepts fondamentaux de la migration ainsi que sur les mécanismes de collecte, de traitement, d’analyse et de diffusion des données migratoires. L’initiative doit ensuite se poursuivre à Kayes et à Ségou, avec l’objectif de rapprocher les capacités techniques des réalités territoriales.
Au Mali, les systèmes d’information liés à la migration restent encore fragmentés et les données produites par les différentes structures ne sont pas toujours suffisamment harmonisées. Cette démarche vise justement à répondre à ce besoin crucial en favorisant une meilleure compréhension commune des concepts, des méthodes et des outils utilisés dans la production des données migratoires.
Pour le représentant du ministre Mossa Ag Attaher, la gouvernance des migrations ne peut être dissociée d’une connaissance « rigoureuse, actualisée et maîtrisée » des réalités auxquelles l’action publique entend répondre. À ses dires, la migration est profondément inscrite dans l’histoire économique, sociale et culturelle du Mali. Ainsi, depuis des générations, les mobilités humaines façonnent les territoires, rapprochent les communautés et participent à l’ouverture du pays sur son environnement régional, continental et international.
Une occasion pour lui de rappeler toute l’importance de la diaspora malienne, qu’il a d’ailleurs présentée comme « une composante essentielle de la Nation », en raison de son attachement au pays, de ses compétences, de ses initiatives, de ses investissements, de ses réseaux et de ses contributions au développement des communautés d’origine. Selon lui, la présence malienne à travers le monde doit pouvoir constituer une force davantage mobilisée au service du développement, tout en garantissant la protection, l’accompagnement et la valorisation des compatriotes établis à l’extérieur.
Pour donc répondre efficacement aux transformations des mobilités, les méthodes de connaissance doivent elles aussi évoluer. Doudou Ben Béchir Niang souligne que l’action publique ne peut se satisfaire d’approximations : « elle doit être capable de comprendre pour anticiper, puis décider et agir avec pertinence ».
À ses dires, la maîtrise de la connaissance dans le domaine migratoire participe de « notre souveraineté décisionnelle ».
Cette nécessité d’une meilleure maîtrise de la donnée a également été mise en avant par le directeur du CIGEM, Dr Aboubacrine Aguissa. Selon lui, plusieurs institutions produisent aujourd’hui des informations sur différentes dimensions de la migration. Toutefois, la diversité des sources, des concepts, des méthodes et des outils peut rendre difficile leur consolidation. « Disposer de données ne suffit pas », a-t-il expliqué, ajoutant qu’il faut également savoir ce que l’on mesure, pourquoi, à partir de quelle source et pour quelle utilisation.
Les travaux de l’atelier suivent ainsi le cycle de vie de la donnée, des concepts et des sources jusqu’à la collecte, au traitement, à l’analyse et à la diffusion. Dans ce cadre, le directeur du CIGEM a salué l’expertise de l’unité Displacement Tracking Matrix (DTM) de l’OIM, impliquée dans l’accompagnement technique de cette démarche.
De son côté, Mohamed Kane, représentant de l’OIM, a souligné que des données fiables, accessibles et utilisées de manière stratégique constituent un levier essentiel pour une gouvernance migratoire plus efficace.
Cet atelier vise ainsi à renforcer la capacité des acteurs maliens à produire une connaissance commune des dynamiques migratoires, afin que les décisions publiques puissent davantage s’appuyer sur des données solides, actualisées et adaptées aux réalités du pays.
Issa Djiguiba
