Réunir plusieurs univers artistiques autour d’une même création, c’est le pari fait par le Centre Soleil d’Afrique à travers le projet « Immersion créative 72 heures ». La restitution organisée le samedi 3 octobre 2026 à Bamako a permis au public de découvrir le résultat de cette expérience. La cérémonie s’est déroulée en présence d’Amadou Diabaté, chef de cabinet par intérim, représentant le ministre Mamou Daffé, ainsi que de Hama Goro, directeur du Centre Soleil d’Afrique.
Pendant cette immersion, quinze artistes maliens et étrangers ont accepté de travailler autrement, en mettant leurs différentes compétences au service d’une démarche collective. Peintres, musiciens, conteurs, comédiens, photographes, vidéastes et créateurs numériques ont été réunis dans un même espace de travail. L’objectif n’était donc pas de juxtaposer les disciplines, mais de créer des passerelles entre elles. Cette proximité a offert aux participants l’occasion de confronter leurs méthodes, leurs sensibilités et leurs façons de raconter la société.
L’initiative s’inscrit dans le programme CulturAct.1 du Centre Soleil d’Afrique, avec l’appui du ministère chargé de la Culture. Elle a également accordé une place aux outils contemporains, notamment à travers une formation consacrée à l’intelligence artificielle organisée les 18 et 19 septembre. Les participants ont ensuite poursuivi leur démarche lors des trois journées d’immersion des 24, 25 et 26 septembre. Cette articulation entre apprentissage et création visait à stimuler l’expérimentation et l’ouverture à de nouvelles pratiques.
Les échanges entre les participants ont été orientés autour de préoccupations qui touchent directement la société malienne et les jeunes générations. Paix, citoyenneté, solidarité, diversité culturelle, jeunesse et vivre-ensemble ont servi de points de départ aux différentes recherches artistiques. Chaque discipline a apporté son propre langage pour aborder ces questions. Le conte pouvait ainsi dialoguer avec le théâtre, tandis que la photographie, la peinture ou les outils numériques contribuaient à enrichir une même réflexion et à donner plusieurs formes à une production commune.
Parmi les résultats présentés lors de la restitution figure une œuvre collective baptisée « Jiguya-tèmè », associée à l’image du tamis de l’espoir. Cette production rassemble plusieurs formes d’expression et témoigne du travail réalisé durant l’immersion. Peinture, photographie, conte, théâtre, musique et création numérique y trouvent leur place. Le choix de cette symbolique donne à l’œuvre une dimension particulière : elle renvoie à la capacité de sélectionner, de préserver et de faire émerger ce qui peut nourrir l’espoir collectif.
Pour les organisateurs, l’intérêt de l’expérience ne réside toutefois pas uniquement dans l’œuvre finale. Le processus de travail constitue lui-même une partie essentielle du projet. En partageant leurs techniques et leurs expériences, les artistes ont pu découvrir d’autres manières de concevoir une création. Cette approche favorise également la naissance de collaborations entre des professionnels qui évoluent habituellement dans des secteurs artistiques différents. Elle ouvre ainsi des perspectives pour de futurs projets mêlant davantage les disciplines et les générations.
Lors de la cérémonie, Amadou Diabaté a transmis les encouragements du ministre Mamou Daffé aux participants et aux responsables du projet. Il a mis en avant la capacité de la création artistique à favoriser les échanges, à rapprocher les communautés et à stimuler l’imagination. Le représentant du département a également insisté sur l’importance d’accompagner les initiatives qui donnent davantage de visibilité aux talents maliens. Cette démarche rejoint la volonté de faire de la culture un outil au service du développement humain et social.
La restitution du 3 octobre aura donc constitué le point d’aboutissement de plusieurs semaines d’échanges, de formation et de création. Derrière les œuvres présentées se trouve une expérience fondée sur la rencontre et le partage des savoir-faire. En réunissant des artistes issus de disciplines différentes, le Centre Soleil d’Afrique a créé les conditions d’un dialogue artistique susceptible de se poursuivre au-delà des 72 heures d’immersion. Le projet rappelle ainsi que la création peut également devenir un espace de coopération, de réflexion et d’ouverture.
Ibrahim Kalifa Djitteye
