Autorités publiques, professionnels de santé, partenaires techniques et financiers, associations et société civile se sont mobilisés, le 8 octobre à Bamako, à l’occasion du lancement de la 5e édition de la campagne nationale Octobre Rose. Présidée par la ministre de la Santé et du Développement social, cette initiative entend renforcer l’information, promouvoir le dépistage précoce et améliorer la prise en charge des cancers du sein et du col de l’utérus.
Les cancers féminins restent l’une des problématiques de santé les plus néfastes chez la gent dans le monde. Pour donc y faire face au Mali, le Centre international de conférences de Bamako (CICB) a accueilli, le jeudi 8 octobre 2026, le lancement officiel de la 5e édition de la campagne nationale Octobre Rose, placée sous le thème : « L’accès à l’information, un levier incontournable contre les cancers du sein et du col de l’utérus ». La cérémonie, présidée par la ministre de la Santé et du Développement social, le médecin colonel-major Assa Badiallo Touré, a réuni plusieurs membres du Gouvernement, des autorités administratives, des professionnels de santé, des partenaires techniques et financiers ainsi que des associations engagées dans la lutte contre ces maladies.
Dans leurs interventions, les autorités sanitaires ont insisté sur la nécessité de mieux informer les populations, de favoriser le dépistage précoce et de faciliter l’accès aux soins. Ayant un rôle important dans ce processus, la ministre Assa Badiallo Touré a remercié les partenaires techniques et financiers, les organisations non gouvernementales, les professionnels de santé, les chercheurs et les associations de femmes pour leur engagement. Elle a appelé le personnel sociosanitaire, les autorités administratives, politiques, coutumières et religieuses ainsi que la société civile à unir leurs efforts pour assurer la réussite de la campagne. Cet appel souligne la nécessité d’une mobilisation durable, au-delà du seul mois d’octobre, afin de renforcer la prévention et l’accompagnement des femmes.
Le chef de file des partenaires techniques et financiers, l’ambassadeur des Pays-Bas au Mali, Erik de Feijter, a également souligné l’importance des investissements dans la santé féminine. « Investir dans la santé des femmes, c’est investir dans l’avenir d’un pays », a-t-il déclaré. Les différents intervenants ont par ailleurs appelé à améliorer l’accessibilité financière des soins, la disponibilité des traitements et l’accompagnement des patientes.
Au nom du collectif des associations de lutte contre les cancers du sein et du col de l’utérus, sa porte-parole, Mme Mariko Bintou Sidibé, a invité les femmes à privilégier le dépistage précoce pour augmenter leurs chances de guérison.
Tout en saluant les efforts déjà consentis, l’engagement des professionnels de santé et l’appui des partenaires, notamment Médecins sans frontières (MSF), Mme Mariko a exhorté les autorités à renforcer encore plus les investissements dans la prise en charge des cancers féminins.
La cérémonie a également été marquée par le témoignage poignant d’Aïssata Bagayogo, atteinte du cancer du sein et d’autres cancers. Son récit a rappelé les difficultés quotidiennes auxquelles sont confrontées les personnes malades et la nécessité de leur assurer un accompagnement médical et humain adapté.
Au-delà des discours, plusieurs actions concrètes ont marqué ce lancement. Des appareils de thermocoagulation ont été remis à des structures hospitalières de Bamako pour contribuer à la prise en charge des lésions précancéreuses. Des adolescentes âgées de 10 ans ont reçu des doses du vaccin contre le papillomavirus humain (HPV), et des cliniques mobiles installées dans la cour du CICB ont permis aux femmes présentes de bénéficier de séances de dépistage.
À travers cette grande mobilisation et le dispositif sur place, le Mali entend renforcer la lutte contre les cancers féminins.
Issa Diguiba
