À l’instar des autres pays du monde, le Mali, à travers Plan International, a organisé une conférence de presse le 7 octobre 2026 pour lancer les activités de la Journée internationale de la fille. Cette journée, célébrée chaque 11 octobre, se veut de faire valoir les droits des filles. Cette rencontre a marqué le lancement des activités de cette journée et la présentation du rapport mondial de l’organisation sur la situation des filles, qui met en lumière les conséquences du changement climatique sur leurs droits et leur avenir.
Cette journée est placée sous le thème international « Mettre fin au mariage d’enfants et investir dans les droits des filles ». Le thème national retenu au Mali est : « Investir dans l’éducation et la culture pour une meilleure sensibilisation sur les conséquences du mariage d’enfants et la promotion des droits de la fille ».
Dans son intervention, le directeur adjoint chargé des programmes de Plan International Mali, M. Drissa Dabone, a rappelé que le mariage d’enfants demeure une violation des droits des filles, aux conséquences graves sur leur santé, leur scolarité et leur autonomie. Selon l’UNICEF, environ 12 millions de filles sont mariées chaque année dans le monde avant l’âge de 18 ans.
Au Mali, la situation scolaire reste préoccupante. Selon les données du Cluster éducation d’avril 2026 citées lors de la conférence, 2 444 écoles demeurent fermées, affectant 733 200 enfants, particulièrement les filles.
Le changement climatique, un facteur aggravant
Publié le 5 octobre 2026, le rapport mondial de Plan International s’appuie notamment sur les témoignages de plus de 5 000 filles et jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans au Bangladesh, au Kenya, au Pérou, au Sénégal et au Zimbabwe. Il comprend également une analyse portant sur 52 pays et trois décennies.
Les résultats montrent que les chocs climatiques, notamment les sécheresses, les inondations et les vagues de chaleur, accentuent les risques de mariage d’enfants, de violences et de grossesses non désirées. Neuf filles sur dix interrogées déclarent que les événements climatiques exercent une forte pression sur la survie, la santé et la stabilité de leur famille. Par ailleurs, 36 % constatent une hausse des mariages et unions avant 18 ans dans leur communauté, tandis que 76 % signalent des difficultés d’accès à au moins un service de santé sexuelle et reproductive.
« Cela s’ajoute aux pertes de récoltes et de bétail, aux difficultés d’accès à l’eau, aux déplacements de populations et à la fermeture des écoles, qui fragilisent davantage les filles, particulièrement en milieu rural. Face à ces risques, il est nécessaire de maintenir les écoles ouvertes en période de crise, de rapprocher les points d’eau des villages et de préserver l’accès aux services de santé », a laissé entendre M. Drissa Dabone.
Pour pallier ce problème de mariage précoce, Plan International Mali préconise l’éducation, qui constitue un rempart essentiel contre le mariage précoce. L’organisation préconise également de mobiliser les artistes, les médias, les leaders religieux et coutumiers ainsi que les communautés afin de sensibiliser les populations et de faire évoluer les mentalités.
M. Drissa Dabone, directeur adjoint chargé des programmes, a appelé les parents à maintenir leurs filles à l’école et invité les garçons et les hommes à devenir des alliés dans la promotion de l’égalité. Il a également exhorté les partenaires à renforcer leur soutien aux programmes de scolarisation et de protection des filles.
À travers cette célébration et la campagne mondiale « Soutenons son avenir », Plan International entend renforcer le plaidoyer en faveur des droits des filles. Pour l’organisation, investir dans leur éducation, leur santé et leur protection est indispensable pour briser le cycle intergénérationnel de la pauvreté et contribuer au développement du pays.
Tioumbè Adeline Tolofoudié
