Ouvert le lundi 12 octobre, le procès concernant Adama Sangaré et ses coaccusés s’est poursuivi le mardi 13 octobre 2026 devant la chambre criminelle du Pôle économique et financier. Figure centrale du dossier, l’ancien maire du District de Bamako et ses coaccusés sont poursuivis pour « faux, usage de faux, atteintes aux biens publics ». À la barre, le maire a catégoriquement rejeté les accusations portées contre lui. « Je comprends difficilement les chefs d’accusation. Je ne les reconnais pas du tout », a-t-il fait savoir aux juges qui devraient se prononcer sur les exceptions soulevées le lundi par la défense.
L’audience du mardi a permis à la chambre criminelle de se prononcer sur les exceptions soulevées le lundi par la défense à l’ouverture du procès. Les juges ont tenu à rejeter lesdites exceptions, estimant qu’elles sont mal fondées. De son côté, l’ancien maire a affirmé n’avoir détourné aucun centime des fonds concernés. Dans l’affaire, Adama Sangaré est reproché d’avoir, au moment où il était maire du District de Bamako, porté atteinte aux biens publics par faux et usage de faux et détourné frauduleusement, en plus de s’être livré à des malversations financières lors des opérations de lotissements, effectuées dans la zone aéroportuaire de Bamako-Senou, classée domaine public immobilier de l’État. Le responsable est poursuivi pour avoir « détourné » la somme de 49.390.000 FCFA au préjudice de l’État malien, représentant les frais d’édilité des parcelles attribuées, en plus d’avoir « occasionné » un préjudice financier à l’État du Mali d’un montant provisoire de 483.964.000 FCFA. À l’ouverture de l’audience le lundi, les avocats de la défense avaient soulevé des exceptions, estimant que la chambre criminelle du Pôle économique et financier est incompétente pour juger l’affaire qu’ils déclarent avoir été déjà jugée par une juridiction supérieure, à savoir la Cour suprême qui aurait qualifié les faits de « faute administrative ». Avançant cet argument, les avocats avaient demandé l’abandon de la procédure et par ricochet la mise en liberté des accusés. En la matière, les représentants du ministère public ainsi que ceux de la direction du Contentieux de l’État s’étaient opposés à cette requête. Ainsi, la chambre criminelle a tranché en rejetant les exceptions soulevées au motif qu’elles sont « mal justifiées « , ordonnant la poursuite du procès.
Les dires de l’ex-maire Sangaré
Se prononçant sur le présumé détournement de 49.390.000 FCFA au préjudice de l’État, le maire Sangaré a indiqué que cette somme représente plutôt les frais d’édilité pour certains bénéficiaires de parcelles en fonction de leur rang social. Interrogé par le parquet sur la légalité d’une telle générosité, il a expliqué que cette exemption relève de son pouvoir discrétionnaire. « Les pouvoirs qui étaient les miens me permettaient de le faire », a-t-il souligné. Au moment où les débats demeuraient focalisés sur le lotissement de la zone aéroportuaire, la figure centrale du dossier, M. Sangaré a affirmé que les zones concernées ne relèvent pas de l’emprise aéroportuaire, précisant que c’est sur instruction verbale de l’ancien Président de la République Ibrahim Boubacar Keïta qu’il a attribué des parcelles à des ressortissants du nord du pays à Faladiè-Est. Devant les juges, il dira que ses actes n’avaient jamais fait l’objet de recours devant une autorité administrative, maintenant que les lotissements mis en cause aujourd’hui ont rapporté plus de 2 milliards de FCFA à l’État.
Diarra Mamadou
