Le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, a présenté ce jeudi 15 octobre 2026, dans la salle Fodé Kouyaté du Centre International de Conférences de Bamako (CICIB), la stratégie nationale de restitution des biens culturels du Mali. C’était en présence de la presse, des membres de la commission de restitution et des acteurs culturels. Cette conférence s’inscrivait dans la dynamique de revitalisation du Musée national.
La stratégie présentée s’articule autour de 05 axes : la mise en place d’une commission de restitution, la communication et le plaidoyer, la recherche, l’identification et l’inventaire des biens, la négociation par des voies institutionnelles, scientifiques et juridiques, assortie du transport des œuvres, et enfin la construction d’un espace d’exposition conforme aux normes. Cette dynamique a déjà donné un premier résultat à travers la donation récente de 223 biens culturels maliens par un duc allemand.
L’initiative répond à la vision du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, qui entend renforcer la souveraineté culturelle du pays et valoriser son histoire. Elle s’accorde également avec la vision « Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma » et avec la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable.
Le directeur du Musée national, Dr Daouda Keïta, a insisté sur la nécessité de redynamiser les travaux de la Commission. Il a rappelé que de nombreux biens culturels ont quitté le territoire dans des circonstances diverses, notamment des sorties sans autorisation, vols ou départs sous la contrainte.
Pour le ministre Daffé, cette démarche constitue un nouveau chantier de la refondation du pays, destiné à valoriser les cultures endogènes et à préserver le patrimoine pour les générations futures. « Il ne s’agit pas d’une rupture avec les autres pays, mais d’une volonté de renforcer le dialogue et de nouer de nouvelles collaborations avec les grands musées du monde », a-t-il rassuré.
Les discussions avec les interlocuteurs concernés reprendront dès novembre afin de faciliter les démarches de restitution. De son côté, le Musée national se prépare à accueillir ces œuvres dans des conditions de conservation adaptées.
Moussa TRAORÉ
