Dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de la santé mentale, la Direction générale de la santé et de l’hygiène publique, appuyée par le service de psychiatrie du CHU du Point G et le CNIECS, en partenariat avec l’OMS, a organisé, le lundi 19 octobre 2026, un repas communautaire couplé à une conférence de presse de sensibilisation sur les troubles mentaux.
Organisée les 15, 16 et 19 octobre 2026 au Mali, la célébration de la Journée mondiale de la santé mentale avait pour thème : « Écouter l’expérience vécue : de vraies voix pour un vrai changement ».
Cette série de célébrations a débuté par le lancement des activités, le 15 octobre 2026, où, pour la première fois, des personnes ayant vécu un trouble psychique et des proches ont pris la parole aux côtés des autorités. Le 16 octobre, un marathon de sensibilisation a été organisé et, le 19 octobre, un repas communautaire avec les personnes souffrant de troubles psychiques, les accompagnants et le personnel soignant a été organisé. Celui-ci a été couplé à une conférence de presse destinée à sensibiliser la population sur la santé mentale.
« Il n’y a pas de santé sans santé mentale », a plaidé le Pr Souleymane, dit Papa Coulibaly, chef du service de psychiatrie du CHU du Point G, soulignant que l’enjeu est désormais d’intégrer pleinement la santé mentale dans les soins de santé primaires au Mali.
Le psychiatre a fait état d’une fréquence croissante des troubles mentaux, notamment la dépression et les troubles anxieux. À ces pathologies s’ajoutent, dans le contexte malien, les troubles liés à la consommation de substances ainsi que les états de stress post-traumatique. Face à cette situation, l’offre de soins demeure toutefois limitée par le manque de ressources humaines qualifiées et de structures spécialisées.
La mise en œuvre du Plan stratégique de santé mentale faite par le ministre de la Santé et du Développement Social et le soutien psychosocial apparaît, selon lui, comme une opportunité pour rapprocher les soins des populations. Mais cette démarche doit également accorder une place centrale aux personnes ayant une expérience vécue des troubles mentaux. « Elles sont les mieux placées pour faire une évaluation et dire de quoi elles ont besoin », estime-t-il, plaidant pour leur participation aux décisions, aux politiques de santé, aux prestations de soins et à la formation des professionnels.
Selon le Pr Coulibaly, demander de l’aide ne doit d’ailleurs pas être perçu comme une faiblesse. « Demander des soins n’est pas une insuffisance, c’est plutôt une force », soutient-il, rappelant qu’une prise en charge à temps peut permettre à une personne de retrouver une vie familiale et sociale productive.
Le Pr Souleymane dit Papa Coulibaly a enfin invité les autorités à assurer un financement durable de la santé mentale, à travers notamment une ligne budgétaire dédiée, et à mieux intégrer cette dimension dans les programmes de lutte contre le VIH et le cancer, ainsi que dans les programmes de santé maternelle et infantile. Il a également invité les médias à renforcer leur rôle de sensibilisation face aux suicides et à la consommation de drogues.
Notons qu’au cours de la conférence, il a également été indiqué que la consommation de substances est un facteur qui précipite et déclenche une maladie psychique déjà présente chez une personne. Il a été dit aussi que le CHU du Point G reçoit en moyenne 30 000 patients pour hospitalisation par an. Il dispose de 58 lits dans le service de psychiatrie, qui sont tous occupés, tandis que 18 000 personnes par an, en état de guérison, y effectuent des va-et-vient pour leurs soins.
Tioumbè Adeline Tolofoudié
