Placée sous le thème « Le cancer de la prostate, un mal qui peut guérir : mobilisons-nous ! », la deuxième édition de la campagne Novembre Bleu a été officiellement lancée le jeudi 5 novembre 2026 au Centre international de Conférence de Bamako (CICB) par le Médecin Colonel-major Assa Badiallo Touré, ministre de la Santé et du Développement social. Après la mobilisation d’Octobre Rose pour les cancers féminins, cette initiative nationale vise à briser les tabous culturels, à sensibiliser l’opinion et à promouvoir le dépistage précoce auprès de la population masculine.
Le cancer de la prostate demeure un défi sanitaire majeur au Mali, principalement en raison de diagnostics trop tardifs. Au Service d’urologie du CHU du Point G, 43,42 % des cas recensés sont déjà au stade métastatique, ce qui limite considérablement les possibilités de guérison. Face à ce constat, spécialistes et anciens malades s’accordent sur l’urgence de déconstruire l’idée reçue selon laquelle cette maladie ne toucherait que les personnes âgées, incitant l’ensemble des hommes à effectuer des consultations préventives.
Forte des acquis de l’édition 2025 — durant laquelle 832 hommes avaient été dépistés, en grande partie grâce aux unités mobiles, cette nouvelle campagne affiche des ambitions renforcées. Le ministère entend ainsi sensibiliser 800 000 personnes via une vaste campagne multimédia, former 100 prestataires de santé, informer 50 professionnels des médias et réaliser au moins 2 000 dépistages gratuits. En appelant les hommes de 50 ans et plus à dépasser les pesanteurs socioculturelles, les autorités rappellent que le dépistage précoce constitue un acte de responsabilité essentiel pour préserver la santé des familles et les forces vives du pays.
Bagna MAÏGA

